Raclette, fondue… Faut-il manger plus lorsqu’il fait froid ?

C’est la saison de la raclette, de la tartiflette et de la blanquette ? Attention quand même : contrairement aux idées reçues, notre corps n’a pas besoin d’avaler plus de calories lorsqu’il fait froid, explique Arnaud Cocaul, médecin nutritionniste.

 La saison de la raclette a bien démarré avec la chute progressive des températures.
La saison de la raclette a bien démarré avec la chute progressive des températures. IStock

Raclette, spaghettis aux boulettes, tartiflette et blanquette sont de retour dans nos assiettes. La chute progressive des températures nous pousse en effet à consommer des plats de plus en plus riches et roboratifs, sans culpabilité. Mais attention à ne pas prendre de poids, surtout en période de confinement où l'activité physique est réduite. Notre corps n'a pas besoin d'avaler plus de calories lorsqu'il fait froid, explique le docteur Arnaud Cocaul, médecin nutritionniste et auteur de « Lâchez du lest, mangez en paix » (éd. Flammarion).

Nos dépenses énergétiques augmentent-elles avec la chute du thermomètre ?

ARNAUD COCAUL. Cette idée reçue est très répandue. Pour maintenir sa température interne stable aux alentours de 37 °C, notre organisme doit en effet produire plus de chaleur s'il est confronté à une exposition prolongée au froid. Afin de compenser cette perte énergétique, il faudrait donc théoriquement manger davantage à la fin de l'automne et en hiver qu'en été. Mais à moins de travailler en plein air et de dormir dehors, nos besoins ne diffèrent pas car nous portons des vêtements chauds et vivons pour la plupart dans des bâtiments chauffés. Et comme on a tendance à faire moins de sport à cette période de l'année, les besoins caloriques réels du corps sont même souvent inférieurs.

Pourquoi avons-nous alors plus envie de plats qui tiennent au corps ?

La baisse des températures s'accompagne d'une moindre exposition à la lumière naturelle car la durée du jour est plus courte. C'est pourquoi nombre d'entre nous sommes habituellement en déficit de vitamine D à partir du mois de novembre. Et le confinement, qui nous oblige à passer davantage de temps à l'intérieur, amplifie le phénomène. Ce manque de luminosité et de vitamine D induit des déprimes saisonnières et une fatigue lancinante que l'on tente de compenser avec des aliments réconfortants. Notre envie de plats riches provient aussi de traditions culturelles. À partir de la Toussaint, les fêtes de fin d'année se profilent, avec des repas plantureux habituellement à la clé. Nous associons donc la fin de l'automne et l'hiver à des plats cuisinés copieux, plutôt qu'à des salades légères.

Quels aliments privilégier durant la mauvaise saison ?

Il faut être vigilant à l'égard de ce que l'on met dans son assiette, afin de ne pas prendre de poids au cours des mois à venir. Rien n'empêche de se faire plaisir avec une raclette de temps en temps, mais l'important est de continuer à manger équilibré avec beaucoup de fruits et de légumes colorés, riches en vitamines et en antioxydants pour maintenir la vigueur de notre système immunitaire et lutter contre la fatigue hivernale. Pour diversifier les apports en nutriments, il faut penser aux légumes oubliés (féveroles, topinambour, butternut…), ainsi qu'aux céréales type épeautre ou sarrasin. Les légumes surgelés sont également précieux en hiver, dans la mesure où ils subissent souvent moins de pertes en vitamines lors de la surgélation que les légumes frais transportés, puis stockés durant plusieurs jours.