Fait maison : pour fabriquer ses propres yaourts, Danone vend des ferments

Danone a des réponses à toutes les nouvelles questions des consommateurs citoyens. Le géant français va même vendre des ferments pour que les consommateurs puissent produire leurs propres pots de yaourts !

 La marque veut répondre à la tendance du fait maison.
La marque veut répondre à la tendance du fait maison. AFP

La semaine dernière, Danone a discrètement lancé une innovation surprenante : des ferments qui vous permettent de fabriquer vous-mêmes facilement vos yaourts, et donc de ne pas acheter les produits de la marque ! Il suffit de dissoudre un sachet dans un litre de lait, à la bonne température, de verser ce mélange dans huit pots de verre (également vendus par Danone, si vous n'en avez pas) et de les mettre au bain-marie, dans votre four.

Ce produit, pour l'instant disponible seulement chez Monoprix, ne devrait pas changer la face du monde, ni même celle du rayon ultrafrais de votre supermarché. Mais il s'agit tout de même d'une prouesse, car ces ferments spéciaux, tout droit sortis de la «souchothèque» de Danone, dispensent le client de s'équiper d'une yaourtière! Idéal pour ceux qui, de plus en plus nombreux, sont tentés par le «fait maison». Surtout, ce lancement illustre la manière dont le groupe français ne cesse de s'adapter, depuis quelques années, à l'évolution de ses clients, c'est-à-dire de la société.

Être transparent, une nécessité

Danone se montre même obsédé par les mouvements qui la traversent. Avec une idée forte : ne rien imposer, mais tout proposer. Du traditionnel et du bio, du plastique et du recyclé, du gras sucré et du superléger, du laitier et du végétal… «Nous ne sommes pas parfaits, mais toujours dans la recherche de solutions et dans l'explication, affirme François Eyraud, le directeur général des produits frais de Danone en France. Sur notre site Internet, on dit ce qu'il y a dans nos produits, et on dit pourquoi il y en a!»

Une transparence qui répond à la fois aux préoccupations écologiques et aux angoisses des consommateurs pour leur propre santé. Sur les deux points, Danone se veut vertueux, à l'image de son PDG, Emmanuel Faber, qui répète inlassablement la raison d'être du groupe, exprimée dans un anglais facile : «One planet, one health». Reformulation d'une phrase prononcée en 1972 par le patron mythique du groupe, Antoine Riboud : «Il n'y a qu'une seule terre, et on ne vit qu'une fois.» Dans les faits, pour un industriel comme Danone, l'ambition écolo et sanitaire suppose une adaptation permanente de ses gammes, de son marketing et même de son outil de production.

Des fruits locaux, du bio, vegan…

À chaque tendance, Danone veut apporter une réponse. Vous n'avez pas trop droit au sucre? La nouvelle gamme Activia sans sucres ajoutés est faite pour vous. «Si le consommateur veut faire attention à sa santé, ou s'il privilégie le plaisir du goût sucré, nous lui offrons l'alternative, insiste François Eyraud. Il faut y aller progressivement.»

Envie de manger local ? Les tout nouveaux «Danone aux fruits d'ici» vous tendent les bras, composés de lait et de sucre de betterave français, de fraises et de framboises de Champagne-Ardenne, de mirabelles de Nancy ou encore de reines-claudes du Sud-Ouest.

Vous êtes accro au bio? Eh bien tournez-vous vers la marque «Les 2 Vaches», avec son logo rigolo, son lait collecté dans l'hexagone et surtout son label AB. Vegan ou réticent à manger du lait? Danone a ce qu'il vous faut, avec les produits ultrafrais et les boissons Alpro, une marque 100 % végétale (à base d'amande, d'avoine, de coco, de soja, de riz…) rachetée en 2016 et lancée en France deux ans plus tard. Sans oublier Provamel, elle aussi végétale mais qui, en plus, est bio!

Difficile de limiter le plastique

Pour protéger la planète, l'entreprise française tente aussi de limiter le recours aux plastiques, un objectif très difficile à atteindre sans augmenter les prix de vente. «Le plastique, si on s'inscrit dans une économie circulaire, avec des emballages consignés et du recyclage, ce n'est pas un problème!, plaide François Eyraud. Nous essayons de faire progresser le système. Les pots de notre gamme Danone aux fruits d'ici sont composés à 30 % de PET recyclé, ce qui est une première.»

Bien sûr, les consommateurs les plus engagés doivent trouver que la transition s'effectue à pas trop lents. Mais le directeur général de Danone ne cache pas que la transformation du groupe, sur la réduction du sucre et des additifs, sur les achats responsables et locaux ou encore les emballages suppose des investissements colossaux !

«Nous avons vécu dans un modèle où les prix alimentaires étaient toujours plus bas, note François Eyraud. Ce modèle est mort. Il faudra trouver des mécanismes sociaux pour aider ceux qui n'en ont pas les moyens, mais les aliments de qualité coûteront inéluctablement plus cher.»