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Voitures d’occasion, énergies vertes, recyclage… Renault veut «réinventer» l’usine de Flins

Le projet innovant doit voir le jour en France, sur le site de Flins-sur-Seine (Yvelines). Selon la direction, à l’horizon 2030, plus de 3000 personnes seront employées dans des métiers spécialisés.

 A Flins-sur-Seine, la ligne de production de la voiture 100 % électrique Zoé doit s’arrêter en 2024.
A Flins-sur-Seine, la ligne de production de la voiture 100 % électrique Zoé doit s’arrêter en 2024. LP/Virginie Wéber

Serait-ce le début d'une nouvelle ère pour Renault? Six mois après l'annonce de fermeture de trois usines en France, le fabricant automobile français veut créer un nouveau segment dans les véhicules d'occasion. Cette nouvelle orientation pourrait ainsi générer de « gros enjeux économiques » estimés à « plusieurs milliers d'euros », selon le groupe.

« Le marché du véhicule d'occasion est deux fois et demie à trois fois celui du neuf dans les marchés européens », se réjouit Luca de Meo, directeur général du groupe Renault. Le nouvel écosystème industriel et commercial doit être déployé progressivement à partir de 2021, sur le site de Flins-sur-Seine (Yvelines).

Concrètement, le projet doit s'articuler autour de quatre axes que sont le reconditionnement des véhicules d'occasion, la gestion des énergies vertes, le recyclage des matériaux et la création d'un incubateur pour développer les savoir-faire industriels. « C'est un pari, reconnaît Jean-Dominique Sénard, le président de Renault. Nous ne vendons pas du rêve, nous savons les obstacles à franchir, mais nous allons y arriver. »

Des changements à partir du premier trimestre 2021

Si l'usine de la vallée de Seine va continuer de produire la voiture 100 % électrique Zoé jusqu'en 2024, le changement va commencer à s'opérer à partir du premier trimestre 2021. Le centre international de formation professionnelle, créé en 2010 à Flins, va accueillir de nouveaux modules de formations qui vont permettre in fine de pouvoir répondre aux futurs besoins. Un espace de formation que pourront intégrer d'anciens salariés de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), usine vouée à la fermeture.

« Ce projet unique est une façon de réinventer Flins », confie le président qui estime que « le statu quo est impossible ». D'ici 2030, le site doit accueillir 3000 emplois selon les projections. Pour autant, l'esquisse de ce projet est loin de rassurer le personnel. « On pense que l'arrêt de la production de voitures à Flins va fragiliser les emplois, souffle Ali Kaya, délégué CGT. La direction évoque 1600 emplois à l'arrêt de la Zoé, 3000 en 2030 mais, aujourd'hui, on est 4000 sur site. Ça fait une différence. »

Beaucoup d'investissements

Dans le contexte actuel, le président du conseil départemental préfère cette solution à la fermeture définitive. « Certes, ça fait 1000 emplois de différence mais si le site ferme on parle de 4000 emplois en moins, lâche Pierre Bédier (LR) qui pourrait mettre à profit une partie des 237 hectares. Renault n'a pas fermé la porte à l'utilisation d'une partie de son site au déploiement d'autres activités, pas forcément automobiles. »

Toutefois, cette nouvelle activité nécessite beaucoup d'investissements. « Ce type de projet nous permettra de bénéficier du soutien de certaines autorités, notamment européennes, confie Luca de Meo. On s'attend à ce qu'ils nous aident à équilibrer notre projet. »