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Location, autocollants publicitaires… 4 bons plans pour rentabiliser sa voiture

Découvrez de nouvelles façons d’alléger le coût annuel de votre automobile.

 La start-up française It’s My Car propose de rouler avec des stickers publicitaires sur sa voiture en échange de produits et bons d’achat.
La start-up française It’s My Car propose de rouler avec des stickers publicitaires sur sa voiture en échange de produits et bons d’achat. DR

Une fois immatriculée à votre nom, votre voiture a encore besoin de carburant, d'une assurance, de réparations… Un budget d'au moins 5 000 euros à 6 000 euros par an, voire beaucoup plus. Voici comment réduire significativement la facture. A noter que vous ne payerez pas d'impôts — sauf cas hors norme — sur ces revenus, mais qu'ils devront simplement être déclarés.

1. La location entre particuliers

La manière la plus efficace de rentabiliser votre véhicule consiste à le louer à l'aide d'une plate-forme en ligne. Deux acteurs principaux pour cela, l'américain Getaround (ex-Drivy) et OuiCar (dont la SNCF est actionnaire majoritaire). Si les deux sites Internet observent globalement les mêmes règles — vérification des papiers des propriétaires-locataires, fourniture d'une assurance partenaire (Axa pour OuiCar, Allianz du côté de Getaround), appli et transaction sécurisées —, ils visent des usages différents.

« Nous ciblons les urbains qui veulent sortir de la ville pour se rendre quatre heures dans un magasin d'ameublement ou pour un peu plus longtemps », souligne un porte-parole de Getaround. Pour un maximum de souplesse, les propriétaires peuvent installer un boîtier dans leur véhicule afin d'éviter la remise des clés en main propre : celui qui loue votre voiture peut ainsi la déverrouiller avec son smartphone.

« Le prix moyen de la location est de 30-35 euros par jour et le propriétaire en récupère 65 %-70 %. Si vous louez votre voiture dix jours par mois, vous pouvez gagner entre 200 euros et 300 euros. En août, dans une ville comme Marseille (Bouches-du-Rhône), des propriétaires-loueurs ont pu gagner jusqu'à 1 000 euros », indique Getaround.

La plate-forme OuiCar vise la location pour quelques jours, plutôt qu'à l'heure. Là encore, le propriétaire récupère 70 % de la prestation. « Pour trois jours et 400 km, il faut compter 100 euros. Le propriétaire touche 70 euros et nous retenons environ 30 %, dont une petite moitié sert à payer l'assurance pour le compte du propriétaire », détaille Benoît Sineau, PDG de OuiCar. Sachez, en effet, que les assurances auto classiques ne vous autorisent pas à louer votre véhicule moyennant finance. Autre avantage à passer par une plate-forme : en cas d'accident durant la location, cela n'engendrera pas de malus pour vous. « L'acte de location est totalement décorrélé de la relation entre le propriétaire et son propre assureur », poursuit Benoît Sineau, qui note que « les accidents dus aux locataires (NDLR : via OuiCar) sont 30 à 40 fois moins nombreux que chez les loueurs traditionnels ».

En effet, le système des avis laissés sur OuiCar encourage au respect du véhicule. « C'est un engagement entre deux personnes. Quand vous prenez les clés d'un particulier, que vous les lui rendez trois jours plus tard et que vous souhaitez relouer — car c'est moins cher —, vous n'avez surtout pas envie d'être mal noté par le propriétaire », relève Benoît Sineau.

Quel est le profil des propriétaires-loueurs ? « Des gens entre 30 et 45 ans qui cherchent un complément de revenus. Ou dont le second véhicule ne sert pas le week-end. Ou des plus de 60 ans qui ont une petite retraite. » Bref, tout un tas de particuliers qui, le succès d'Airbnb aidant, sont devenus adeptes de la location entre particuliers. Combien est-ce que cela leur rapporte ? « En moyenne, 400 euros à 600 euros/mois ».

2. Le covoiturage

En France, BlaBlaCar domine le secteur du covoiturage avec « 17 millions d'inscrits et cinq millions de conducteurs réguliers », précise Nicolas Brusson, son cofondateur et directeur général. Après un brutal coup d'arrêt pendant le confinement, l'activité est « fortement repartie cet été », et les trajets domicile-travail, baptisés BlaBlaLines, de 15-20 km en région parisienne et 30-40 km en régions, « se développent fortement ».

Le site met en relation des passagers voulant se rendre d'une ville à une autre et des conducteurs prêts à les y emmener. Pas question de réaliser du bénéfice, « on reste dans une logique de partage des frais », rappelle Nicolas Brusson. Mais l'intérêt financier est bien réel : « Les conducteurs récupèrent 6 centimes par km covoituré, qui deviennent en moyenne plutôt 20 centimes car ils prennent entre 3 et 4 passagers en voiture. » Pour les trajets domicile-travail, le gain se situe « entre 2 euros et 4 euros le trajet, soit 30 euros/semaine. Pour des conducteurs réguliers, on arrive assez rapidement à 2 000 euros, 3 000 euros, voire 4 000 euros économisés par an. A côté de l'aspect économique, le souci environnemental est de plus en plus fort. »

3. Le transport de colis

Transporter des colis permet de dégager des revenus : 70 euros pour un vélo acheminé de Paris à Marseille, par exemple./Illustration Naïs Bessaih
Transporter des colis permet de dégager des revenus : 70 euros pour un vélo acheminé de Paris à Marseille, par exemple./Illustration Naïs Bessaih  

Même principe que pour le covoiturage de personnes : vous ne faites pas de « bénéfices », mais vous transportez un colis pour un particulier et celui-ci participe à vos frais. Plusieurs sites existent. Chez Bring4You par exemple, la course moyenne est de 50 euros. « Les particuliers transportent souvent des objets au format atypique (vélo, meuble, guitare…), tout ce qui ne rentre pas dans les emballages standards, explique un porte-parole. Un particulier peut par exemple gagner 70 euros en acheminant un vélo de Paris à Marseille; 40 euros pour expédier une planche de surf de Toulouse (Haute-Garonne) à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). »

« En rapportant une petite commode de Lille (Nord) à Paris, on peut gagner 35 euros environ », explique Eliette Vincent, la cofondatrice d'un autre site baptisé Cocolis, qui propose le paiement sécurisé et, pour l'expéditeur, une assurance avec la MAIF. La communauté des Cocolis compte déjà 250 000 membres…

4. Les autocollants publicitaires

Coller des stickers publicitaires sur votre voiture pour gagner quelques sous ? Le concept est vieux comme celui de l'homme-sandwich sauf que là, c'est votre auto qui fait office de support pour les marques et que le concept a été sacrément rajeuni par It's my car, créée en 2016. « Nous avons 40 000 automobilistes inscrits qui souhaitent participer et 4 000 d'entre eux ont eu accès à des opérations l'an dernier », explique Sarah Prévot, 31 ans, fondatrice de la start-up française.

En roulant pendant un mois avec des stickers — deux formats possibles, petit ou grand — sur leur Clio, leur Logan, leur 308…, les automobilistes ayant choisi une campagne pour une marque de beauté ont gagné l'équivalent de 40 euros ou 60 euros en produits cosmétiques. Ceux qui ont roulé en Ile-de-France avec le logo du réseau immobilier Orpi ont, eux, eu droit à 50 euros de bons d'achat de carburant.

« Il n'y a aucune condition pour s'inscrire, si ce n'est que votre véhicule doit être propre et en bon état, précise Sarah Prévot. Et l'automobiliste est libre de choisir quelle marque il veut afficher sur sa voiture. » Seul bémol : les délais d'attente peuvent être longs car la start-up ne propose pas en permanence des campagnes sur toute la France. Certaines sont même très localisées. Après Mamie Nova, Burger King, Orpi, Captain ou encore Cdiscount, c'est par exemple la conserverie Gonidec qui recherchait cet automne des automobilistes pour faire sa promotion dans les rues de Rennes (Ille-et-Vilaine) et de Nantes (Loire-Atlantique).