Ford Kuga PHEV : un hybride rechargeable qui allie le meilleur de l’électrique et du thermique

Depuis le 1er juin, les hybrides rechargeables bénéficient d’un bonus de 2000 euros s’ils coûtent moins de 50000 euros et ont une autonomie supérieure à 50 km. C’est le cas du Ford Kuga PHEV.

 La version hybride rechargeable du Ford Kuga présente tous les avantages de l’électrique mais sans ses inconvénients.
La version hybride rechargeable du Ford Kuga présente tous les avantages de l’électrique mais sans ses inconvénients. Ford

Combien de fois l'automobiliste n'a-t-il pas pesté en faisant son plein ou en rechargeant son véhicule électrique ? La faible consommation de carburant tant vantée à grand renfort de publicité n'était en fait qu'un miroir aux alouettes. Tout comme l'autonomie des modèles zéro émission qui dans la réalité est souvent très inférieure à celle écrite noir sur blanc dans les brochures techniques.

Certes, le nouveau protocole d'homologation WLTP mis en place depuis 2017 est venu remettre un peu de raison face à l'ancien NEDC totalement déconnecté de la réalité. Mais là encore, même si cette norme est nettement plus proche des conditions d'utilisation, elle ne colle pas tout à fait à la vie de tous les jours et ces valeurs sont difficilement atteignables.

Voilà pourquoi il convient de souligner la performance de Ford sur son tout nouveau Kuga hybride rechargeable dont le tarif débute à partir de 38600 euros, auquel il convient de retrancher 2000 euros de bonus. Annoncé pour une autonomie de 56 km en mode électrique, nous avons parcouru 63 km sur un trajet mêlant ville et voies rapides. Et ce, sans se soucier d'écoconduite. Le site Caradisiac a même atteint 86,2 km.

Le trajet domicile-travail sans consommer une seule goutte d'essence

Un tel score est obtenu grâce notamment au freinage régénératif qui permet de regagner un peu d'énergie à chaque décélération ou freinage et de la stocker dans la batterie de 14,4 kWh située dans le plancher. Son fonctionnement aurait gagné encore davantage en efficacité et surtout en praticité si la commande qui permet de doser le freinage régénératif avait été des palettes derrière le volant comme sur le Mitsubishi Outlander PHEV ou la Hyundai Ioniq plug-in et non pas sur la molette de la boîte de vitesses automatique.

Mais malgré ce petit bémol, avec de tels chiffres, il est donc parfaitement envisageable de parcourir chaque jour le trajet domicile-travail sans consommer une goutte de SP95, sans émettre de C02, sans bruit et surtout sans le stress de la panne de batterie comme sur un véhicule 100 % électrique.

Le soir, il suffit de brancher le Kuga sur une prise domestique 220 V pour retrouver la totalité de l'autonomie en 6 heures. Vous pouvez donc rouler à nouveau en mode électrique dès le lendemain matin. La durée chute même à 3h30 environ avec une wallbox.

Annoncé pour une autonomie de 56 km en mode électrique, le Ford Kuga peut parcourir sans difficulté quelques kilomètres supplémentaires. Ford
Annoncé pour une autonomie de 56 km en mode électrique, le Ford Kuga peut parcourir sans difficulté quelques kilomètres supplémentaires. Ford  

Une fois la batterie vidée, le moteur thermique prend le relais. Dès lors, il est possible de partir en week-end ou en vacances sans se soucier de trouver une borne de recharge sur la route. Reste qu'avec un réservoir de seulement 42 litres, un poids élevé (1770 kg) et un moteur à la cylindrée élevée (2,5 l) privé de turbo, la crainte de passer souvent à la pompe est réelle.

Mais là encore, la surprise est totale puisque nous avons obtenu 6,3 l sur autoroute et moins de 5 l sur route. Car batterie à sec, le Kuga fonctionne alors comme une hybride pure et le système privilégie le moteur électrique de 61 ch dès que cela est possible afin de couper le bloc thermique de 164 ch. Ainsi, sur les nationales picardes, nous avons constaté que le Kuga avait parcouru environ 40 % de la distance en électrique.

Le passage de l'un à l'autre des modes est imperceptible et seul une franche accélération permet de déceler à l'oreille que le moteur thermique s'est mis en action. Les deux peuvent fonctionner de concert, permettant alors de cumuler une puissance totale de 225 ch. On se demande toutefois où est passée cette cavalerie digne d'une sportive. On a l'impression que les équidés se sont échappés du capot.

A quand une version hybride fonctionnant avec de l'agrocarburant ?

Ford a également réfléchi à des situations futures où des centres-villes seraient interdits aux véhicules thermiques. Dès lors, comment gérer une réserve pour rouler en mode zéro émission quand on devra les traverser ? Grâce à l'un des quatre modes de gestion que l'on sélectionne via une commande. Outre le mode EV Auto par défaut et le EV Now qui force à utiliser le moteur électrique, le mode EV Later permet justement de conserver l'autonomie électrique pour plus tard tandis que EV Charge utilise le moteur thermique comme générateur pour recharger la batterie. Une utilisation à éviter car la consommation de carburant s'en ressent. Comptez environ 12 litres de SP95.

L'hybride rechargeable combine donc tous les avantages du véhicule électrique (aucune consommation d'essence, silence, zéro émission de CO2) sans ses inconvénients (autonomie, temps de recharge). De plus, l'offre s'étoffe chez les constructeurs, notamment du côté du français PSA ( Citroën C5 Aircross, DS 7 Crossback, Opel Grandland X et Peugeot 3008). Voilà pourquoi ce type de motorisation séduit de plus en plus d'automobilistes. Leur part est passée de 3,9 % des immatriculations des véhicules neufs en juillet à 5,1 % en août.

On regrette cependant que Ford n'ait pas poussé le bouchon encore plus loin. La marque à l'ovale bleu avait été en effet le seul constructeur à proposer une version Flexifuel fonctionnant au Superéthanol E85, un carburant coûtant seulement 0,70 euro le litre en moyenne. C'était sur l' ancienne génération du Kuga. Car avec une telle autonomie en mode électrique et une consommation d'essence aussi maîtrisée, une version hybride rechargeable acceptant cet agrocarburant pour faire baisser davantage la facture à la pompe aurait mis KO toute la concurrence sans appel.