Essai MG ZS EV : que vaut le SUV électrique chinois ?

MG, un constructeur chinois, débarque en France avec un modèle 100 % électrique. Et qui plus est, c’est un SUV, une carrosserie furieusement tendance. Le tout avec un tarif hyperagressif.

 Désormais sous pavillon chinois, MG revient en Europe avec un SUV électrique.
Désormais sous pavillon chinois, MG revient en Europe avec un SUV électrique. Nawell Fassouli

C'est un vieux serpent de mer. Une menace qui est restée lettre morte. Car à l'instar de tout un tas de produits « made in China », l'arrivée massive en France de véhicules fabriqués dans l'Empire du Milieu ne s'est pas produite. Certes, Volvo a été racheté il y a 10 ans par Geely. Mais jusque-là, et malgré la présence au Mondial de l'automobile de Paris de constructeurs chinois comme GAC Motor en 2018, ses compatriotes Great Wall, BYD, Brillance et autres Landwind n'ont toujours pas franchi nos frontières.

Il faut dire que leur image n'est guère reluisante. Souvent accusées par le passé de plagier les lignes des modèles occidentaux et notamment allemands, les quelques autos qui se sont aventurées au crash test Euro NCAP n'ont guère brillé par leurs résultats. Et voilà que MG, un vénérable constructeur anglais tombé lui aussi dans les mains chinoises de SAIC en 2007, débarque aujourd'hui dans notre pays avec tous ces préjugés.

Mais son ZS EV peut lui, s'enorgueillir d'avoir décroché 5 étoiles au crash test, soit la plus haute distinction. Nous voilà donc déjà au moins rassurés pour notre intégrité physique. Et l'intégrité de notre portefeuille est tout autant préservée puisque les tarifs du SUV débutent à 29 990 euros (hors bonus écologique de 7 000 euros) pour la finition de base quand ceux du Peugeot e-2008 commencent à 37 850 euros. Avec un tel écart de tarif, on peut parler de low-cost. Pour 2000 euros supplémentaires, vous accédez même à la finition luxury qui ajoute le toit ouvrant panoramique, des jantes 17 pouces, le siège conducteur réglable électriquement, une sellerie imitation cuir, une caméra de recul, des sièges chauffants, un détecteur de pluie et des rétroviseurs rabattables électriquement. « Compte tenu de la différence de prix, nous vendons à 85 % cette finition », souligne Aurélien Venet, le directeur digital et relations presse de MG France.

Une seule option

Pour contenir ses coûts, la filiale française n'a pas eu d'autres choix que de restreindre la liste d'options puisqu'une seule est au programme : le choix de la couleur de carrosserie parmi les 5 proposées. MG peut ainsi piocher dans son stock tampon et réduire par la même occasion les délais de livraison à une semaine environ. Celle-ci est en revanche payante en fonction de la distance. Et si quelques acheteurs du MG ZS EV ont déjà goûté à la voiture électrique comme en témoigne la reprise d'une Renault Fluence ZE, l'écrasante majorité avait auparavant un véhicule thermique.

Certains n'ont carrément pas hésité à venir chercher leur véhicule dans l'unique concession tricolore située près de la place de la République à Paris et à se plonger directement dans l'univers de la voiture zéro émission en effectuant le trajet du retour par la route. « Des clients venus de Toulouse, Marseille ou La Rochelle sont repartis chez eux par leurs propres moyens » se félicite Aurélien Venet. Un trajet qui n'a quand même pas dû être de tout repos compte tenu de l'autonomie de seulement 263 km quand les SUV concurrents comme le Peugeot e-2008, lui, offre une portée de 320 km et le Kia e-Niro va carrément jusqu'à 455 km.

Le MG ZS EV offre une autonomie de 263 km. Nawell Fassouli
Le MG ZS EV offre une autonomie de 263 km. Nawell Fassouli  

Quand nous prenons le volant d'un exemplaire qui affiche 3186 km au compteur, nous partons avec 262 km d'autonomie. Malgré la lenteur de l'écran tactile, la qualité de fabrication est au rendez-vous et, objectivement, sous un look passe-partout que MG n'est malheureusement pas le seul à proposer au sein de la nuée de SUV qui pullulent sur nos routes, ce ZS EV pourrait parfaitement arborer un écusson d'une marque européenne généraliste. Sur les pavés parisiens, l'amortissement est prévenant. Et dans la circulation dense où les accélérations alternent tout le temps avec les décélérations, le freinage régénératif joue à plein pour recharger quelque peu la batterie placée dans le plancher. C'est ainsi qu'après 24 km dans la capitale, nous avons consommé seulement 22 km d'autonomie.

Pour les longs trajets, il faudra s'arrêter

En revanche, sur voie rapide et autoroute où nous avons enclenché le régulateur de vitesse adaptatif ainsi que l'aide au maintien dans la voie, l'autonomie chute rapidement. Rien d'alarmant, ce phénomène est commun à tous les véhicules électriques. Pour les longs trajets, il faudra donc s'arrêter souvent. Mais heureusement, le MG ZS EV accepte les charges rapides, ce qui permet de regagner 80 % de l'autonomie de la batterie lithium ion de 44,5 kWh en 40 mn. Sinon, comptez 12 heures sur une prise 220 V ou 7h30 sur une Wallbox 7 kWh que MG offre. Et ce n'est pas tout. Dans sa volonté d'accompagner les néophytes du véhicule zéro émission, le constructeur chinois ajoute un an de recharge gratuite dans le réseau Chargemap.

MG n'a donc pas à rougir face à la concurrence européenne, japonaise ou asiatique en matière de voiture électrique. Mais alors qu'une version hybride rechargeable viendra renforcer la gamme au premier semestre 2021, il subsiste toutefois encore quelques interrogations pour le client français, notamment en cas de panne. Car si le véhicule est garanti 5 ans ou 150 000 km et même 8 ans (ou 150 000 km) pour la batterie, comment faire entretenir ce véhicule alors qu'il n'existe qu'un seul point de vente dans l'Hexagone ? Un accord est sur le point d'être signé avec un réseau de réparation auto.