Citroën C5 Aircross : le SUV qui aime les familles

La marque aux chevrons complète son offre à destination des familles qui privilégiaient jusqu’alors les monospaces.

 Avec le C5 Aircross, Citroën combine deux mondes : celui des SUV et celui des monospaces.
Avec le C5 Aircross, Citroën combine deux mondes : celui des SUV et celui des monospaces. Citroën Communication

Modularité digne d'un monospace et confort royal. Dans le créneau porteur mais déjà bien embouteillé des SUV, le C5 Aircross de Citroën bichonne les familles.

Adieu monospace, bonjour SUV. Alors qu'il y a quelques années, le premier, offrant jusqu'à 7 places, était le chouchou des familles, il est aujourd'hui, par un effet de vases communicants, passé de mode au profit du second. Face à un tel eldorado, les constructeurs se sont engouffrés les uns après les autres sur ce créneau porteur, multipliant leur offre au point de constituer parfois une véritable gamme. Car ces engins représentent à présent plus d'un tiers des ventes de voitures neuves.

Dans cette ruée vers l'or, Citroën est à la traine. Si la marque aux chevrons dispose bien d'un petit modèle, le C3 Aircross, à l'étage supérieur, il y brillait jusque-là par son absence. « Le marché de ce segment C-SUV a doublé entre 2012 et 2017 » analyse Patrick Fontana, responsable produit du projet C5 Aicross. Impossible donc de se passer d'une telle manne. Certes, la firme de Javel était déjà présente sur ce segment avec le C-Crosser et le C4 Aircross. Mais ces engins, des Mitsubishi rebadgés, ont juste permis d'occuper le terrain sans jamais briller dans les scores des ventes.

Car les clients qui ont goûté à ces engins surélevés donnant l'impression de pouvoir partir à l'aventure au bout du monde sur des pistes rocailleuses y reviennent. « Ceux qui ont un C-SUV reprennent un C-SUV lorsqu'ils renouvellent leur véhicule » explique Patrick Fontana. Mais si le marché explose c'est aussi parce que les acheteurs viennent du monde du monospace dont l'offre fond comme neige au soleil.

Vocation familiale

Or, avec le C4 Spacetourer (ex C4 Picasso), Citroën demeure l'un des rares constructeurs à disposer encore dans sa gamme de ces autos qui ont fait le bonheur des familles ces deux dernières décennies. « 18% des clients viennent de cet univers » souligne Patrick Fontana. Et c'est sans compter sur le ludospace Berlingo qui vient tout juste d'être renouvelé. Malgré tout, il subsistait une clientèle qui rechignait à abandonner cette carrosserie. « Certains ne sautaient pas le pas à cause du grand coffre, de l'habitabilité et de la modularité, qu'apportaient les monospaces. Il fallait donc répondre à leurs attentes ». Alors, pour les draguer et les accompagner dans cette mutation, les 30 combinaisons extérieures possibles ne suffisent pas. Citroën a ainsi transféré ces trois caractéristiques sur son SUV C-Aircross. Offrant 580 litres de chargement, la soute est l'une des plus vastes de la catégorie. Une valeur obtenue grâce à une hauteur sous tablette importante. Revers de la médaille, la vitre arrière s'avère minuscule, ce qui n'est pas sans incidence sur la rétro-vision lors des manoeuvres.

La vocation familiale du C5 Aircross transparaît surtout dans un parti-pris. Alors qu'habituellement, les véhicules de ce genre disposent d'une banquette, ici ce sont 3 sièges séparés. Comme sur le C4 Spacetourer. « C'est un choix stratégique » se félicite Patrick Fontana. Avantage, la place du milieu n'est pas sacrifiée. Mieux : tous sont coulissants sur une quinzaine de centimètres et inclinables.

Trois sièges séparés et coulissants plutôt qu'une banquette. Le C5 Aircross soigne les occupants des places arrière.Citroën Communication
Trois sièges séparés et coulissants plutôt qu'une banquette. Le C5 Aircross soigne les occupants des places arrière.Citroën Communication  

Face à son cousin DS7 Crossback, le C5 Aircross est nettement moins huppé. Normal. Celle qui n'était à l'origine qu'une griffe haut de gamme de la marque aux chevrons est devenue aujourd'hui une marque à part entière devant incarner le premium à la française. Avec un ticket débutant à 24 700€, le SUV du Quai de Javel apparaît bon marché par rapport à ses concurrents de même extraction. Cependant, une fois à bord, on a presque l'impression d'avoir été surclassé de la classe Eco à la classe affaire. L'insonorisation se montre particulièrement efficace grâce notamment aux vitres avant feuilletées. Le ronronnement du moteur diesel de 180 ch est à peine perceptible à vitesse stabilisée tandis que le bloc essence de 180 ch est tout simplement inaudible.

Le confort

Mais Citroën est attendue sur un autre point qui remonte à la DS et à sa suspension oléo-pneumatique : le confort. Ce dispositif qui a fait sa réputation se conjugue malheureusement au passé. En effet, celui-ci a définitivement tiré sa révérence en juin 2017 avec la fin de carrière de la berline C5. Mais impossible d'abandonner ce ouaté typique, viscéralement lié à la marque. Alors, pour conserver cet ADN, Citroën a trouvé une alternative moins onéreuse et complexe techniquement : la suspension à butées hydrauliques progressives. Et le pari est réussi.

Oubliés les nids de poule : le C5 Aircross les survole comme s'ils n'existaient pas. Terrassés les ralentisseurs qui fleurissent sur nos routes : il les passe sans bousculer tous les occupants. Le SUV tricolore se joue des raccords, des déformations et de toutes les imperfections de la chaussée encore plus efficacement que le C3 Aircross qui a étrenné cette technologie en Europe. Le C5 Aircross bénéficiant d'une plateforme plus moderne, les ingénieurs en ont tiré la quintessence pour retrouver cette sensation de tapis volant. Voilà certainement de quoi réconcilier tous ceux qui ont pesté contre l'abandon de la fameuse suspension imaginée au milieu du XXème siècle par Paul Magès. Et ce n'est pas tout : les assises comportent une mousse supplémentaire de 15 mm d'épaisseur garantissant un moelleux réjouissant. Le confort, le confort, le confort.

Si cela perpétue une tradition vieille de plus de 60 ans et si le phénomène des SUV n'est pas prêt de s'essouffler, on rêve toutefois d'une berline routière jouissant du même niveau d'exigence. Histoire d'offrir enfin une digne héritière à une lignée qui remonte à la DS.