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Automobile : pour les pièces détachées, pensez aussi à l’occasion

Le prix des pièces détachées des voitures flambe. Pour faire des économies, pensez aux éléments reconditionnés. Testés et garantis, ils peuvent coûter jusqu’à 70 % moins cher.

 En 2019, les prix des pièces détachées ont gonflé de 6,6 % en moyenne, selon l’association Sécurité et réparation automobiles.
En 2019, les prix des pièces détachées ont gonflé de 6,6 % en moyenne, selon l’association Sécurité et réparation automobiles. Getty Images/iStockphoto/Mikhail Sedov

Rien ne change dans la rechange. Année après année, les prix augmentent, inexorablement. La réglementation européenne a pourtant libéralisé dès 2004 ce marché des pièces détachées (appelées aussi de « réemploi »). Sauf que, seize ans plus tard, le gouvernement n'a toujours pas transposé cette disposition dans le droit français. Résultat, en 2019, leurs prix ont encore renchéri de 6,6 % en moyenne, selon l'association Sécurité et réparation automobiles (SRA). Quand l'indice des prix à la consommation n'augmentait, lui, que de… 0,9 %. Et la tendance est encore à la hausse pour cette année. Explications.

Un monopole des constructeurs. Ce que les assureurs, réunis au sein de la SRA, ne voient pas d'un très bon œil. La faute à qui? « D'abord au monopole qu'exercent sur la vente et la production les constructeurs automobiles », fustige l'un de ses adhérents, également affilié à la Fédération française des assurances (FFA). Les pièces les plus touchées? La carrosserie, les rétroviseurs, le vitrage ou encore l'optique. Une situation également dénoncée depuis des années par les associations de défense des consommateurs, ainsi que par l'Autorité de la concurrence.

Depuis 2015, on peut opter pour l'occasion. Résultat, pour faire baisser la facture de ses réparations, il n'existe aujourd'hui qu'une seule alternative valable : la pièce d'occasion. L'option a été rendue possible grâce à la loi (mise en application celle-ci) de 2015 sur la transition énergétique, obligeant les professionnels à délivrer systématiquement deux devis : l'un avec du neuf ; l'autre avec de l'occasion, qui peut coûter jusqu'à 70 % moins cher.

Les professionnels réticents. « On n'a pas le temps, confie un garagiste installé dans la banlieue parisienne. Déjà qu'on est submergé par la paperasse, alors s'il faut faire des commandes à droite à gauche, on ne s'en sort plus. » D'autant que les clients préfèrent souvent payer plus cher et avoir du neuf, pour être rassurés. « Pourtant, les pièces ne proviennent que de voitures légèrement accidentées ou en bout de course, explique Maxime Richaud, directeur général de Caréco Paris, spécialiste de la pièce détachée. Elles sont désossées et récupérées, puis toutes systématiquement testées et mises sous garantie un an. »

Les pièces pèsent pour 50 % dans la réparation. Seules certaines catégories sont concernées : la carrosserie amovible, le garnissage intérieur et la sellerie, le vitrage non collé, l'optique et certaines pièces mécaniques ou électroniques. Les éléments touchant directement à la sécurité du véhicule et de ses passagers, comme la direction, les freins, ou plus généralement tout ce qui est soumis à une usure mécanique, demeurent en revanche exclus.

« La réparation est un marché estimé à plus de 4,4 milliards d'euros par an, explique Mathieu Escot, directeur des études à l'UFC-Que choisir. La moitié représente les pièces détachées. L'autre, la main-d'œuvre. Une mise en concurrence permettrait de réduire la facture de 400 millions d'euros par an. » De quoi convaincre même les plus méfiants.