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A Lyon, c’est la ruée sur les anciennes voitures Bluely

Après la fermeture de son réseau de voitures électriques en autopartage, Bolloré vend ses Bluely au public. Des garages spécialisés ouvrent pour leur maintenance.

 Lyon (Rhône), le 22 octobre. Julien Lopez, mécanicien spécialisé dans les voitures électriques, remet à neuf et entretient les anciennes Bluely dans un garage dédié, place Aristide-Briand.
Lyon (Rhône), le 22 octobre. Julien Lopez, mécanicien spécialisé dans les voitures électriques, remet à neuf et entretient les anciennes Bluely dans un garage dédié, place Aristide-Briand. LP/Catherine Lagrange

L'arrêt de Bluely, le service d'autopartage de voitures électriques lancé par le groupe Bolloré à Lyon, fait des malheureux… Mais aussi des heureux. Fermé le 31 août, après sept ans de fonctionnement, Bluely a laissé à Lyon (Rhône) un parc de 225 véhicules électriques que l'on peut croiser toujours branchés à leurs bornes le long des rues. En attendant le déploiement de nouveaux dispositifs gérés par d'autres opérateurs, les Bluely sont à vendre. Et elles s'arrachent! Les conditions de cession sont particulièrement avantageuses.

« Les prix sont compris entre 6490 euros et 6990 euros, mais avec la prime à la casse, de 2500 à 5000 euros, la Bluely peut revenir à 1490 euros », explique Manon Guiffant qui commercialise à Lyon les anciennes Bluely pour Autopuzz, la société chargée de la revente. « La batterie est comprise dans le prix, pas besoin de la louer à 80 euros par mois. C'est une économie considérable », précise-t-elle encore. Des voitures de quatre places ou de petits utilitaires de deux places avec un grand coffre, qui datent de 2015 à 2018 mais qui devraient rendre encore des services.

« Ces voitures affichent entre 20 000 et 100 000 km au compteur, mais elles peuvent aller jusqu'à 400 000 km, assure Quentin Mezerette, responsable des ventes chez Autopuzz. Ces véhicules ont une longue durée de vie, ils vieillissent très bien car ils utilisent la technologie de la batterie chaude. Elles se rechargent sur les anciennes bornes Bluely ou même à la maison avec une simple prise de 10 ampères. »

Des coûts d'entretien réduits

Les voitures commercialisées, via Internet, sont remises à neuf avant la livraison aux nouveaux propriétaires, et ceci dès la fin du confinement. Des garages dédiés à ce parc de véhicules spécifiques sont ouverts, pour en assurer la remise en état et la maintenance. « On exerce ici un nouveau métier, celui de mécanicien pour véhicules électriques », explique Julien Lopez, en détaillant les particularités de sa profession, essentiellement tournée vers l'électrique et l'électronique.

« Ce sont des voitures qui connaissent moins d'usure, qui ont besoin de beaucoup moins d'entretien que les voitures thermiques, il y a également peu d'interventions sur les batteries, ces véhicules ont moins besoin de passer au garage », assure-t-il. Les interventions de ces mécanos nouvelle génération se font surtout sur les circuits électriques, « avec les dangers que cela comporte, précise encore Julien : attention aux risques d'électrocution ! »

Même problèmes d'usure de pneus ou de plaquettes de frein que sur une classique, mais pas de vidange. « La maintenance de ces véhicules électrique coûte trois ou quatre fois moins cher que pour les thermiques, annonce Julien Lopez. Une révision complète ne dépasse pas les 69 euros. »