Une boulangère de l’Ain en grève de la faim pour sauver son apprenti de l’expulsion

A La Chapelle-Du-Châtelard, Patricia Hyvernat a cessé de s’alimenter le 9 février pour attirer l’attention sur la situation de Yaya, son apprenti guinéen de 20 ans sous le coup d’une obligation de quitter le territoire.

 Patricia Hyvernat n’a pas mangé depuis treize jours et réuni 12000 signatures pour convaincre la préfecture de régulariser, Yaya, son apprenti guinéen.
Patricia Hyvernat n’a pas mangé depuis treize jours et réuni 12000 signatures pour convaincre la préfecture de régulariser, Yaya, son apprenti guinéen. DR

Le 9 février, Patricia Hyvernat, paysanne boulangère à La Chapelle-Du-Châtelard (Ain), a entamé une grève de la faim. L'ultime solution, selon cette femme de 53 ans, pour attirer l'attention sur la situation de Yaya, son apprenti et protégé.

Mamadou Yaya Bah a quitté sa Guinée natale à l'âge de 14 ans pour échapper aux violences de sa famille. Après un périple de plus de deux ans, il est arrivé dans un foyer pour l'enfance de l'Ain, avec le rêve de devenir boulanger. C'est là qu'il est entré en contact avec Henry-Pierre et Patricia Hyvernat, un couple de paysans boulangers qui a accepté de prendre le jeune homme en stage.

Elle rêve de lui céder sa boulangerie

« La boulangerie, c'est son idée depuis toujours », explique Patricia qui ne tarit pas d'éloge sur celui qui a appris le métier chez elle pendant de longs mois. « C'est un battant qui donne toute son énergie, un garçon solaire, souriant et généreux. Il a maintenant le niveau pour passer son CAP », assure même la boulangère, qui est prête à l'embaucher, à l'héberger et rêve, avec son mari, de voir dans les prochaines années Yaya reprendre leur affaire.

Mais Yaya, aujourd'hui âgé de 20 ans, est sous le coup d'une obligation de quitter le territoire (OQTF). Et les multiples démarches engagées par le couple pour régulariser la situation de l'apprenti sont restées vaines. Après treize jours de grève de Patricia, le soutien de 12000 pétitionnaires, les boulangers et Yaya veulent encore y croire, même si la préfecture de l'Ain fait valoir que le jeune homme « a déposé un recours, débouté par le tribunal administratif et la cour d'appel qui ont confirmé le bien-fondé de l'OQTF ».