LA PREMIERE BATAILLE DE CONSTANTINE (NOVEMBRE 1836)

Les préparatifs français

Les premiers préparatifs français pour l'occupation de Constantine débutèrent au mois de septembre 1836. En effet, le Maréchal Clauzel avait procédé au renforcement de ses troupes militaires provenant d’Alger, d’Oran et de Béjaïa, faisant de Annaba leur point de ralliement.

Les troupes françaises comptaient environ 8800 soldats, répartis en 4 unités équipées, outre les 14 pièces de guerre,  d’un armement des plus modernes et d’artillerie. Ces troupes étaient dirigées par le Maréchal Clauzel assisté du Duc de Nemours et des généraux Trézel et de Régnier ( ?).

Le 21 novembre, les troupes françaises arrivèrent aux abords de la ville de Constantine où elles établirent leur campement. Après y avoir passé la nuit, elles  poursuivirent leur progression vers Constantine. Là, elles campèrent à el Mansourah et l’armée fut répartie en 4 unités :

-         Les première et deuxième unités sous le commandement du général Trézel prirent position sur les versants d’el mansourah et ce, en vue d’attaquer  la ville du côté de Bab el Kantara.

-         Les troisième et quatrième unités sous le commandement du général De régnier, qui franchiraient l’Oued Rhummel au confluent avec l’oued Boumerzoug, au  lieu-dit «  Mejez el ghnem » et de là, elles remonteraient les pentes du Bardo pour occuper la zone stratégique de Coudiat  Atty. 

Préparatifs d’ El Hadj Ahmed Bey

El Hadj Ahmed Bey avait scindé son armée en deux unités :

-         La  première commandée par Ibn Aïssa constitue une unité fixe avec un nombre de combattants avoisinant 2400,  répartis le long des  murailles de la ville  en guise de bouclier.

-         La deuxième, placée sous le commandement d’El Hadj Ahmed Bey, constitue une unité mobile comprenant environ 5000 cavaliers et 1500 fantassins. Cette unité, basée à l’extérieur de la ville, suivait pas à pas les mouvements de l’armée française, dans le but  de resserrer  l’étau sur les unités françaises et créer deux fronts au cours de l’attaque et de la défense.  

Déroulement de la bataille

-         Le commandant Ibn Aïssa, premier adjoint d’Ahmed Bey a quitté sa position à la tête de 100 hommes afin de ne pas laisser la possibilité aux troupes françaises de se concentrer.

-         Des embuscades furent tendues par les troupes françaises sur les pentes d’El Mansourah.

-         Les troupes françaises ayant quelque peu foncé vers l’avant, ont pu ainsi marquer quelques pas par rapport aux résistants, qui se replièrent vers la porte d’el Kantara  en vue d’organiser les attaques contre les unités françaises lesquelles ont poursuivi leurs embuscades sur les pentes d’el Mansourah.

-         D’autre part, les résistants ont  pu opérer une percée  surprise par la porte assiégée d’el Kantara, infligeant ainsi de lourdes pertes dans les rangs des troupes françaises.

Le 22 novembre, un échange de coups de fusils et de canons eut lieu entre les deux parties, tandis qu’à l’extérieur de la ville, El Hadj Ahmed Bey harcelait les arrières de l’armée française lesquels n’était pas encore parvenus à el Mansourah, leur infligeant de lourdes pertes matérielles et humaines. Il retourna ensuite à Constantine pour soutenir les troupes d’Ibn Aïssa.

Le déplacement constant d’El Hadj Ahmed entre l’intérieur et l’extérieur de la ville de  Constantine a renforcé la détermination des résistants algériens et ébranlé celle des troupes françaises en provoquant leur déstabilisation.

Leurs tentatives d’enfoncer la porte d’El Kantara et Bab el Hadid durant les nuits des 23 et 24 novembre se sont poursuivies mais furent vouées à l'échec compte tenu de la vigilance et de l’expérience du commandant Ibn Aïssa Celui-ci a en effet renforcé ses capacités de défense au niveau des percées existant dans les murailles de la ville. 

Le général Trézel avait cru que son artillerie lui permettrait de détruire la porte mais dès que les troupes françaises s’en approchèrent, les Algériens ont commencé à tirer des coups de canons de toutes parts et les troupes françaises durent reculer en direction d’El Mansourah. A la suite de quoi, le Maréchal Clauzel ordonna à ses troupes de se retirer vers Annaba.

Bilan de la bataille :

Les Algériens ont pu s’emparer de quantités importantes de matériel de guerre dont  50000 cartouches environ et 4000 instruments militaires nouveaux, des appareils de génie militaire,  outre les denrées alimentaires telles que biscuits, sucre, café ainsi que les médicaments et boîtes chirurgicales.

Des sources françaises évoquent que les pertes globales des forces françaises sont estimées à 700 et 900 soldats tués.  La victoire El Hadj Ahmed Bey a eu un écho profond et un retentissement considérable non seulement au niveau du Beylik Est, mais dans toute l’Algérie.

-         Le Maréchal Clauzel fut relevé de ses fonctions compte tenu des critiques acerbes dont il a fait l’objet; le Gouvernement français lui ayant fait endosser l’entière responsabilité de la défaite de son armée.

Histoire Algérie Ajouter sur vos favoris Nous contacter Vesion Imprimable Page d'accueil
 
     
Données extraites du CDROM Histoire d'Algérie edité par le ministère des Moudjahidines