DEUXIEME BATAILLE DE CONSTANTINE (OCTOBRE 1837)

Les préparatifs français 

Après la signature du Traité de la Tafna, les préparatifs français pour lancer une deuxième expéditon contre Constantine débutèrent et les moyens militaires suivants furent mobilisés:

-         Le général Damrémont, nommé commandant de l'expédition en remplacement du Maréchal Clauzel,  commença par implanter, à partir d’Annaba, des camps militaires tout au long de la route qui mène vers Constantine. C'est ainsi qu'il y eut les camps à  Dréan,  Nemchia, Hammam Berda et M’jaz Amma,  les Français ayant fait de ce dernier le  point de départ de toutes les opérations militaires sur Constantine.

-         Par ailleurs les troupes françaises firent appel à des renforts venus d’Oran et d’Alger qui furent concentrées, pour la  plupart, au camp de M’jez Ammar.

-         Le nombre de soldats français mobilisés pour cette campagne  était estimé à environ 13 mille soldats répartis en 4 bataillons sous les ordres du général Damrémont  assisté du Duc de Nemours, fils du roi de France, du général Valée ainsi que du général Trézel.

-         Prenant en compte les erreurs commises par ses prédécesseurs, le général Damrémont avait mis au point un plan militaire judicieux comportant les points suivants:

1-     Mise en place de nombreux postes militaires sur la route qui mène de son camp vers Constantine dans le but de garantir le succès de la campagne à moindre frais.

2-     L’assaut sera directement lancé à l’arrivée à Constantine, du côté de la porte d’El Kantara et Coudiat Atti , à condition toutefois que le gros des troupes se concentre sur les points faibles de la défense en ouvrant des brèches dans les murailles de la ville. 

Les préparatifs d’El Hadj Ahmed Bey 

Ahmed Bey réagit à la situation en convoquant les notables de la région et les chefs de tribus. Il les  informa du danger qui les guettait et des conséquences qu'aurait la campagne si les différents moyens humains et militaires ne sont pas mobilisés pour y faire face. Il a en outre procédé à une organisation judicieuse de ses rangs et lancé plusieurs assauts qui échouèrent contre le camp de M’jaz Ammar, centre de regroupement des troupes françaises.

Par ailleurs, il a pris certaines mesures préventives parmi lesquelles :

-         La destruction des constructions édifiées précédemment par Salah Bey, dans la mesure où celles-ci constituaient des brèches dangereuses qui furent utilisées par les Français, au cours de leur première expédition pour s’introduire dans la ville en évitant les tirs de canons des artilleurs algériens.

-         La démolition des constructions qui se trouvent sur les limites de l’aire située entre « Bab el oued » et « Bab el jabia » et leur remplacement par des forts solides, de même qu’il a procédé à la consolidation de "Bab el Djedid" et son renforcement par des troupes défensives. 

Grâce à de telles dispositions, El Hadj Ahmed Bey a pu mettre sur pied une armée qui comptait environ 12 mille soldats réguliers et 10 mille volontaires. Il en affecta environ 3000 à la défense de l’intérieur des murailles de la ville sous le commandement d’Ibn Aissa tandis qu’il  prenait lui-même en charge les troupes mobiles estimées à  7000 cavaliers et 2000 fantassins dans le but de :

1° – Lancer des attaques éclairs tout au long de la route menant à Constantine et ce afin de semer la panique et le désordre dans les rangs des troupes françaises.

2° -  Encercler les troupes françaises à leur arrivée à Constantine entre ses troupes qui attaqueraient par derrière et les troupes d’Ibn Aïssa qui étaient en position de défense. 

Déroulement de la bataille :  

La bataille a commencé le 7 octobre 1837. El Hadj Ahmed Bey a procédé au renforcement de sa défense en ordonnant aux troupes campant à l’extérieur de la ville de rejoindre les troupes de l’intérieur et ce dans le cadre d’un plan judicieux qui lui facilitera le lancement des assauts sur les troupes françaises.

Il entreprit d'abord d’attaquer les groupements militaires français du côté d’El Mansourah ainsi qu’el Coudiat Atti. Cette attaque s’est soldée par de nombreux morts et blessés dans les rangs des Français. Ceux-ci furent contraints de renforcer leurs rangs en mettant en place une ligne de défense, équipée de 9 canons répartis comme suit :

-         quatre canons à El Mansourah dont un à el Akaba

-         cinq canons dans la zone d’El Coudiat Atti 

Face à cette situation, El Hadj Ahmed a installé plus de 30 canons sur l'ensemble des murailles de la ville de Bab Djedid à Bab el Jabia, un autre groupe à Bab el Kantara,  et environ 12 canons à la Casbah; 4 autres canons furent orientés vers El Mansourah. 

Le résultat de cette situation instable fut que la France adopta une autre tactique en essayant de porter atteinte à l’unité des rangs des Algériens. C'est ainsi qu'au cours de la soirée du 11 octobre 1837, le chef d’état-major de guerre français adressa un télégramme aux habitants de la ville de Constantine, les invitant à se rendre et à livrer leur ville. Suite à cela, El Hadj Ahmed Bey rédigea un communiqué dans lequel il a écrit : «Dans le cas où les Chrétiens auraient besoin de poudre, nous pouvons leur en fournir et si leurs réserves de pain sont épuisées, nous partagerons les nôtres avec eux mais aussi longtemps que l'un d'entre nous sera en vie, ils n'entreront pas à Constantine. » 

Dès que les responsables de l’artillerie, avec à leur tête Ali al Moumbaji, reçurent ces signaux, ils entreprirent immédiatement de bombarder la Casbah, c'est-à-dire de frapper le lieu de rassemblement des généraux, causant la mort du Général Damrémont, Chef d’état major des forces françaises ainsi que le commandant Perrégaux, faisant régner le désordre et la confusion dans les rangs des Français. Profitant de cette situation, El Hadj Ahmed Bey lança une attaque massive contre les Français, suite à laquelle le reste des officiers s’empressa de désigner le Général Valée comme chef d’état major.

Le 13 octobre 1837, la troisième compagnie sous les ordres de Corbin ont pu pénétrer dans la ville du côté de Bab Souika. Il y eut des combats dans les rues et ruelles, entraînant la chute de la ville le vendredi 13 /01/1837. El Hadj Ahmed Bey se retira avec ses partisans pour organiser leurs rangs dans l’espoir de poursuivre la résistance.

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Données extraites du CDROM Histoire d'Algérie edité par le ministère des Moudjahidines