L’Emir
avait œuvré à l’unification des tribus autour de la question
de la guerre sainte et étendu son influence sur la majeure
partie de l’ouest algérien. Il adopta la ville de Mascara
comme capitale et entreprit d’organiser la résistance.
Il
occupa le port d’Arzew pour son approvisionnement et entama
l'organisation de l’armée Dans ce cadre, il entraîna
les troupes d’artillerie à la guérilla et procéda à l’homogénéisation
des ordres et règlements militaires concernant la discipline
et la rigueur au sein de l’institution militaire à travers
des mesures telles que:
-
L'institution de la hiérarchie suivante des grades militaires
: lieutenant – chef de rang – porteur de sabre– Agha
-
La répartition des unités de base de l’armée institutionnelle
en katibas (factions) dont chacune regroupe cent (100)
soldats.
-
L'élargissement de son cercle d’influence à d’autres
régions du pays englobant une grande partie du territoire
de Tlemcen, Miliana et le Titteri (Médéa). L’influence de
l’Emir s’étendit à travers l’Ouest algérien, notamment après
ses succès militaires. Il commença à menacer l’occupation
française à Oran et Arzew; ce qui a conduit à imposer aux
Français une trêve qui eut comme conséquence la signature
le 26 février 1834 d’un traité connu sous le nom du commandant
français à Oran ou Traité de Desmichels.
Toutefois,
le général Trézel qui avait succédé en 1835 au général Desmichels
ne l’a pas respecté et avait même tenté de trouver l’occasion
de reprendre la guerre contre l’Emir après avoir dénoncé le
Traité de conciliation. A cet effet, il saisit l’occasion
du regroupement des tribus des daïras et de la smala auprès
de lui.
L’Emir
demanda au Général Trézel de lever sa protection sur ces
tribus afin qu’elles puissent retourner sous son autorité mais
ce dernier refusa. Le combat reprit alors de nouveau et ils
se rencontrèrent le 26 juin 1835 à la ferme de la forêt Moulay
Ismaïl, près de la ville de Sig où a eu lieu la bataille
de Sig au cours de laquelle les Français furent vaincus.
Puis,
ils se rencontrèrent une nouvelle fois le 27 juin au cours
de la bataille d’El Maktâa au cours de laquelle les troupes
françaises subirent une défaite sanglante dont les conséquences
et répercussions furent:
-1-
La destitution du gouverneur général d'Erlon et du général
Trézel
-2-
La désignation du Maréchal
Clauzel en qualité de gouverneur
général d’Alger en juillet 1835 et l'envoi de troupes importantes
pour affronter l’Emir.
Clauzel
lança une attaque contre Mascara, capitale de l’Emir mais
il la trouva déserte. Il la quitta donc pour Tlemcen qu’il
occupa mais les troupes de l’Emir continuaient à contrôler
la route reliant Tlemcen à Oran et l’armée française se trouva
encerclée à l’intérieur des remparts de la ville.
Pour
lever le siège, le Général
Bugeaud mena une importante
expédition militaire à dont l’issue fut la victoire à partir
de sa position à Oued el-sakkak en 1836.
Mais
la résistance s’étendit, ce qui obligea Bugeaud à conclure
provisoirement une trêve avec l’Emir. Il signa donc le 30
Mai 1837 le Traité de la Tafna, afin de pouvoir réaliser
les objectifs suivants:
- Se
libérer pour mettre fin à la
résistance d’Ahmed Bey à l’Est
algérien
- Préparer
des troupes militaires entraînées à la guerre dans les djebels.
- Lever
le siège sur les postes français.
Attendre
l’arrivée de renforts militaires de France.