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EL
HADJ Ahmed BEY |
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1-
Naissance et jeunesse |
Ahmed Bey est le fils
de Mohammed Chérif qui a occupé le poste de lieutenant (khalifa)
du bey Hassen et le petit-fils d’Ahmed el Kolli, qui gouverna
le beylik (province)de l’Est durant 16 ans.
Sa mère, El Hadja Chérifa, algérienne de souche est issue de la
famille Ben Ghana, l’un des plus importants chefs religieux arabes
du Sahara, matériellement et moralement. Pour cela, Ahmed Bey est
classé parmi les kouroughlis (enfants nés des unions mixtes)
Il naquit vers 1789 à Constantine et fut désigné du nom de sa mère, à savoir
El Hadj Ahmed fils d'El Hadja Chérifa.
Il grandit orphelin de père mort prématurément, étranglé. Sa mère
fut ainsi contrainte, dans des conditions difficiles, de s'enfuir
avec lui de Constantine vers le Sahara, loin des complots, de crainte
qu’il ne subisse le même sort que son père.
Auprès de ses oncles maternels dans les Zibans, Ahmed Bey bénéficia
de toute la protection nécessaire et reçut une éducation parfaite.
Durant son enfance, il apprit le Coran et les règles de la grammaire
arabe, ce qui lui conféra une certaine éloquence et consolida sa
formation et en outre, il acquit les qualités de générosité, hospitalité,
vertus distinctives des gens du Sahara.
Il apprit à monter à cheval et s’entraîna aux arts de combat, devenant
ainsi un cavalier émérite et un modèle pour ses congénères.
Son amour grandissant pour la sainte religion transparaît dans
certains des écrits et poèmes qui lui furent attribués, notamment
après qu’il ait accompli, à l’âge de douze ans, le pèlerinage à la
Mecque. Dès lors, il se vit attribuer le titre de Hadj Ahmed. Son
séjour en Egypte lui permit d’acquérir les connaissances et l’expérience
qui modelèrent la plupart de ses positions.
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2-
Postes administratifs occupés |
Il
occupa la fonction de caïd (guide ou chef) des tribus des Aouassi – (terme
servant à désigner les tribus habitant la région de Aïn Beïda
et ses environs). Quant au titre de caïd, il correspond en
fait à une fonction gouvernementale conférée seulement à ceux
qui jouissent de la confiance des notabilités de la société et
lui fut attribué parce qu’il bénéficiait du grade d’officier
supérieur au Palais.
Il fut chargé de la surveillance de la partie Est du territoire
de Constantine, ce qui lui conférait le droit de diriger une
troupe militaire composée de 300 cavaliers, assisté en cela de
quatre adjoints désignés par le Bey, à savoir le chaouch (huissier),
le khodja (secrétaire), le moukahlahji (le chargé de l'armement)
et le serradj (chargé de la sellerie).
Après avoir quitté ce poste pendant une certaine période, il
fut rappelé par Naâmane Bey qui le nomma une deuxième fois caïd
des Aouassi compte tenu de son expérience en la matière.
Lors de son séjour en Egypte, Ahmed Bey rencontra Mohamed Ali,
gouverneur d’Egypte et prit connaissance de ses réalisations,
notamment dans le domaine militaire. Il fit la également la connaissance
de ses enfants Ibrahim Pacha, Tossoun et Abbès.
- El Hadj Ahmed fut promu au poste de khalifa (lieutenant) sous
l'autorité du bey Ahmed le Mamelouk et put conserver ce poste
jusqu’à l’émergence du conflit qui l’opposa au bey Ibrahim, gouverneur
du beylik de l’Est algérien entre 1820-1821, et lui valut d'être
demis de ses fonctions.
Craignant les complots et l’assassinat, il quitta Constantine
pour Alger d'autant que c’est Ibrahim qui avait monté un complot
contre Ahmed Bey l’accusant de manigance avec le bey de Tunis
contre Alger. Toutefois, le Dey
Hussein qui
avait découvert la vérité, ordonna la mort d’Ibrahim Bey en 1821.
El Hadj Ahmed demeura à Alger puis fut éloigné à Miliana et de
là, vers Blida où il vécut le séisme qui avait détruit la ville
le 2 mars 1825, au cours duquel il joua un rôle important dans
l’opération de sauvetage au point de susciter l’admiration de
l’agha Yahia, commandant de l’armée -pour ses nobles qualités
dont il fit part au Dey Hussein.
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3-
Sa désignation à la tête du beylik de l’Est algérien |
Sur intervention
de l’agha Yahia, il fut désigné par le Dey Hussein en tant que
Bey à la tête du beylik de l’Est en 1826. Durant son mandat,
Constantine connut une grande stabilité depuis son investiture
jusqu’en 1837, date de la chute de la ville.
Il réussit à unifier les grandes tribus les plus puissantes du
territoire Est, par le biais d’alliances matrimoniales. Il épousa
personnellement la fille de Boumezrag, bey du Titteri ainsi que
la fille de Hadj Abdesslam el Mokrani, de même qu’il encouragea
fortement les alliances entre les chefs de tribus par le biais
du mariage. Ce qui lui attira les Ouled Mokrane (Majana), les Ouled
Azzedinne (Zwagha) et les Ouled Achour (Ferdjioua) etc…
El Hadj Ahmed Bey démontra ses compétences militaires et politiques
et même s’il croyait en l’allégeance spirituelle à la Porte Sublime,
il n’envisagea nullement l’indépendance à son égard. Mais cela
n’empêcha en rien sa loyauté envers son pays l’Algérie. Ni les
conditions induites par la situation en Algérie après la conquête,
ni les tentations ni les propositions présentées par la France
pour l’attirer n’entamèrent sa détermination. Il demeura fidèle
même après la chute de Constantine puisqu’il préféra se déplacer
entre le désert, les vallées et les oueds, incitant les tribus à la
résistance jusqu’à ce que ses capacités physiques le trahissent
et qu’il se rende le 5 juin 1848. Il fut assigné à résidence à Alger
jusqu’à sa mort en 1850.
Il est enterré dans le mausolée de Sidi Abderrahmane At-Thaâlibi à Alger.
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