Il
est considéré comme faisant partie de l'élite
intellectuelle occidentalisée et pour cela fut l'un
des tenants de la politique de l'assimilation. En 1924, il
créa l'Association des étudiants musulmans de
l'université d'Alger qu'il présida jusqu'en
1932 et fut également élu président de
l'Association des étudiants musulmans d'Afrique du
Nord de 1927 à 1931.
Il rejoignit la Fédération des députés
musulmans algériens fondée par le Docteur Ben Jelloul en
1930. Son objectif était de faire de l'Algérie
une circonscription française, chose qu'il exprima
clairement en 1936 lorsqu'il déclara : "Si
j'avais découvert une nation algérienne, je
serai nationaliste et je n'aurai pas honte de mon crime; Mais
je ne mourrai pas pour la nation algérienne car cette
nation n'existe pas; je l'ai cherchée à travers
l'Histoire sans la trouver; j'ai interrogé les vivants
et les morts et j'ai visité les cimetières mais
en vain…"
Durant la deuxième guerre mondiale, il se porta volontaire
pour le service militaire. Le 22 décembre 1942, Ferhat
Abbès rédigea une lettre adressée aux
autorités françaises et aux alliés leur
demandant d'introduire des réformes radicales dans
la situation générale vécue par le peuple
algérien. Il demanda la tenue d'un congrès regroupant
toutes les organisations pour l'élaboration d'une nouvelle
constitution algérienne au sein d'une union française.
Mais n'ayant pas reçu de réponse à ses
revendications, Ferhat Abbès publia en février
1943 le Manifeste du Peuple Algérien qu'il présenta
au Gouverneur Général et dans lequel il dénonçait
le Code de l'indigénat.
En mars 1944, il créa "Les Amis du Manifeste et
de la Liberté" qui avait pour objectif de faire
la propagande pour le concept de Nation Algérienne.
Après les massacres du 8 mai 1945,
son parti fut dissous et il fut arrêté. Il ne fut libéré
qu'en 1946 après la proclamation de la loi d'amnistie
générale des prisonniers politiques.
Après cela, il créa le Parti
de l'Union Démocratique pour le Manifeste et
publia un appel dans lequel il dénonçait violemment les
massacres horribles commis par les Français le 8 mai 1945 et
exprimait les principes de son parti qu'il résumait comme
suit: "Constitution d'un état algérien indépendant au sein
de l'union française"