Au début de l’été 1955,
la Révolution algérienne avait franchi avec assurance la première
étape de son parcours contre l’occupation française.
Au plan intérieur,
le
Front de
Libération Nationale avait œuvré à la sensibilisation
des masses et leur organisation au sein de différentes instances,
à travers la création de
la Fédération du FLN en France en
décembre 1954 et la mise en place de
l’Union Générale des Etudiants Musulmans
en juillet 1955.
Dix mois après le
déclenchement du la Révolution, l’ampleur de la participation
populaire était de plus en plus évidente et ce, malgré la
disparition au champ d’honneur de bon nombre de ceux qui
déclenchèrent la Révolution à l’instar du martyr
Didouche
Mourad, commandant de la zone II ou l’arrestation de
certains d’entre eux tels que
Mustapha Benboulaïd,
Rabah Bitat
et autres..
Au plan extérieur,
la question algérienne avait officiellement marqué sa présence
pour la première fois dans les instances internationales, au
Congrès de Bandoeng
en avril 1955. Ce fut là la première victoire diplomatique de la
jeune révolution algérienne sur la toute-puissance de la France.
A la faveur de ce
contexte, la direction de la Révolution planifia le lancement de
vastes attaques dans le Nord Constantinois, dont la préparation
dura environ trois mois dans le secret le plus absolu.
Zighoud
Youcef, qui avait succédé à Didouche Mourad à la tête
de la zone II, adressa un appel à tous les Algériens, membres des
assemblées françaises, les invitant à s'en retirer et rejoindre
les rangs de la Révolution.
Les attaques du 20
août dans le Nord Constantinois visaient à :
- Donner à la
Révolution une forte impulsion en la déplaçant au cœur des zones
occupées dans le Nord Constantinois
- Briser l’état de siège imposé à la zone I –les Aurès- en visant
les bases militaires les plus importantes de la région.
- Rehausser le moral des troupes de l’Armée de Libération en
détruisant le mythe de l’armée française invincible.
- Contrecarrer la propagande des autorités coloniales prétendant
qu’il s’agissait de simples actes de destruction commis par des
rebelles hors-la-loi et des brigands.
- Concrétiser la solidarité avec le peuple marocain frère puisque
que les attaques devaient coïncider avec la commémoration de
l’exil du Sultan Mohamed V (20 août).