Ferhat
Abbas, secrétaire général de l’Union a commenté les opérations
intervenues au cours de la nuit du déclenchement
de la lutte de libération en
novembre 1954 en disant : « C’est le désespoir,
le chaos et l’aventurisme ». Le comité central de
l’Union s’était réuni le premier novembre pour étudier la
possibilité de fournir de l’aide aux victimes du séisme d’El
Asnam et des conséquences politiques engendrées par la scission
du Mouvement
pour le Triomphe des Libertés Démocratiques. Il
fut contraint d’étudier la nouvelle situation engendrée par le
déclenchement de la Révolution, considérant que ce n’était
là que la conséquence des mises en garde adressées par l’Union
aux autorités françaises et une réaction à l’oppression et
la fraude.
L’Union
ne croyait pas que le Front
de Libération Nationale résisterait
devant les troupes françaises, ni que la violence révolutionnaire
ouvrirait la porte aux négociations et manœuvres avec les
Français.
Abbas écrivit
que la violence ne résolvait rien et que de ce fait, il était
opposé à la lutte armée, proposant aux Français le respect
de la loi, le retour à la liberté de vote et l’adoption
du principe de l’égalité dans la représentation entre Musulmans
et Européens. Il précisa que ces propositions étaient en
totale contradiction avec les principes de la déclaration
du premier novembre 1954.
Ferhat
Abbas poursuivit sa politique d’opposition aux principes du
Front de Libération Nationale, soutenant la politique de réformes
de Soustelle avec lequel il entama des négociations par le
biais de son représentant, Ahmed Francis