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L'ORGANISATION
DE L'ARMEE SECRETE (O.A.S) |
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1-
Introduction |
Les
putschistes du 13 Mai 1958, partisans de l'idée de " l'Algérie
Française ", avaient cru qu'avec l'arrivée au pouvoir du Général De
Gaulle , ils allaient concrétiser leurs rêves
qui se sont aussitôt évanouis face aux succès militaires, politiques
et diplomatiques enregistrés par la Révolution et aux échecs des
manœuvres gaulliennes. Ceci a contraint De Gaulle à opérer un recul
par rapport au slogan de l'Algérie Française, notamment après son
discours du 14 juin 1960-, dans lequel il invitait le FLN à des
négociations- et qui fut interprété comme une trahison par les
colons et les militaires extrémistes.
Envahis par l'inquiétude, ils créèrent, le 16 juin 1960, le " Front
de l'Algérie Française " agréé officiellement et utilisé par
les autorités françaises comme un moyen de pression brandi à l'occasion
de toute discussion avec le FLN. Ses ramifications s'étaient étendues
jusqu'au fin fond du territoire français où Jean Marie Le Pen avait
fondé le " Front National pour l'Algérie Française " .
La colère et le ressentiment de ce front s'amplifia davantage après
le discours prononcé par De Gaulle le 04/11/1960, évoquant l'idée
d'une " Algérie algérienne ".
Après le référendum de janvier 1961, De Gaulle avait obtenu le feu
vert pour poursuivre sa politique et il procéda à la dissolution
du " Front de l'Algérie Française " et expurgea l'armée
et les appareils de sécurité des éléments rebelles . Suite à cela,
les chefs de l'opposition firent de l'Espagne leur base arrière pour
organiser leurs rangs et s'opposer à De Gaulle et sa politique.
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2-
Création de l'Organisation |
Dans
le cadre de la coordination entourée du secret le plus absolu,
eut lieu une rencontre entre Jean Jacques Susini et Pierre Lagaillarde
le 10.02.1961 à Madrid au cours de laquelle fut créée une nouvelle
organisation terroriste appelée " Organisation de l'Armée
Secrète " (O.A.S) en tant qu'alternative à toutes les organisations
politiques oeuvrant à la concrétisation de l'idée de l'Algérie
Française , présidée par le général en retraite " Salan " assisté par
le général " Jouhaud " ainsi que " Gardy " et
Susini.
Après l'échec de la tentative de putsch des quatre généraux Challe,
Jouhaud, Zeller et Salan le 22/4/1961, le gouvernement français
a lancé une vaste opération de recherches et poursuites concernant
les éléments extrémistes. Cependant, la complicité de certains
appareils de police constitués essentiellement de pieds-noirs empêcha
le succès de cette opération, laissant le champ libre aux éléments
de l'OAS et à leur tête " Jouhaud ", Gardy , Sergent,
Frendi, Perez , Godard et autres pour restructurer leurs rangs
en entreprenant une série de contacts secrets qui aboutirent à la
tenue de réunions préparatoires dans la Mitidja et la Capitale.
Suite à la réunion clandestine tenue à Alger le 1er juin 1961,
la structure organisationnelle de l'organisation proposée par le
colonel Godard fut adoptée. Ce dernier avait insisté sur la nécessité de
sa généralisation à chaque ville et secteur , et le Conseil Supérieur
de l'OAS (CSOAS) composé de Salan - Gardy - Godard - Perez et Susini,
représente le sommet de la structure .
L'organisation est considérée comme étant le creuset dans lequel
se sont fondues les différentes organisations criminelles ainsi
que le laisse entendre son premier tract appelant tous les mouvements
de résistance clandestins à intégrer l'organisation. Le programme
de l'OAS fut arrêté avec la définition des objectifs et des moyens
et la croix fut adoptée comme symbole de l'organisation.
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3-
Ses objectifs |
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Défendre le mythe de l' " Algérie Française ".
- Mobiliser l'opinion publique française autour de l'idée de conserver
l'Algérie française.
- Défier la politique de De Gaulle et tenter de renverser son régime.
- Entraver les
négociations en répandant un climat de terreur
et en exerçant des menaces et des pressions sur le gouvernement
de De Gaulle.
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4-
Ses moyens |
En
vue d'atteindre ses objectifs, l'OAS a considéré que tous les
moyens étaient légitimes :
- Détruire les services vitaux
- Liquider physiquement les cadres algériens
- Assassiner les partisans de la
politique de De Gaulle.
- Attaquer et dévaliser les banques et les services postaux
- Créer des sections de l'Organisation en France.
- Constituer des milices encadrées essentiellement par des officiers
en retraite et certains pieds-noirs extrémistes.
- Créer un climat de terreur organisée
- Distribuer des tracts subversifs et employer les émissions radiophoniques
clandestines et les inscriptions murales
- Commettre des assassinats collectifs et individuels de tous ceux
qui s'opposeraient à son programme.
L'OAS fut le creuset
dans lequel se sont fondues toutes les organisations criminelles
après avoir senti se rapprocher le moment fatidique où leur
rêve basé sur le mythe de l'Algérie Française s'écroulerait.
Ils ont essayé de s'opposer à l'évolution inéluctable de la question
algérienne en commettant de nombreux crimes contre le peuple
algérien et les biens publics et en visant même les Français
qui ne les avaient pas suivis.
Cette organisation avait eu autant d'influence sur le fait de
donner des garanties à la minorité européenne au cours des négociations
que d'influence négative sur l'idée de l'éventualité pour eux
de rester en Algérie après l'indépendance. En effet après les
crimes commis par cette organisation, la majorité des européens
ont préféré quitter l'Algérie.
L'OAS avait pu mettre en place une instance dont la mission consistait à recueillir
des renseignements, mener une guerre psychologique et politique,
planifier des opérations militaires et mettre en place un réseau
de cellules regroupant les différentes catégories de colons et
d'appareils sécuritaires.
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5-
Ses crimes |
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Ils ont visé un grand nombre d'algériens dans différentes catégories
- Assassiner des prisonniers dans les geôles des postes de police
comme ce fut le cas au poste de police de Hussein Dey.
- Exécuter une série de plasticages estimés à environ 2293 explosions
au cours de la période allant de septembre 1961 à Mars 1962 qui
ont fait pas moins de 700 victimes.
- Recrudescence des actions criminelles après la signature des
accords de cessez
le feu dont les tirs d'obus au mortier sur les
quartiers d'habitation à la Basse Casbah le 20 mars 1962 qui ont
occasionné la mort de 24 personnes et blessé 54 autres ainsi que
l'explosion d'une voiture piégée près du port d'Alger qui a fait
62 morts et 110 blessés dans les rangs des dockers.
- Incendies volontaires d'institutions dont la bibliothèque de
l'Université d'Alger le 7 Juin 1962 au cours duquel 600 mille livres
furent brûlés.
- Incendie des locaux de la sécurité sociale, d'écoles et d'hôpitaux
Malgré ses tentatives
de s'opposer à l'évolution inéluctable de la question algérienne,
elle avait perdu tout espoir de réaliser ses objectifs, notamment
après l'annonce de l'accord conclu entre le FLN et l'OAS
le 17 juin 1962, et relayé par l'appel à la réconciliation
diffusé à travers une émission pirate de Jean Jacques Susini
le 19 juin 1962.
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