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LA
POLITIQUE DE SEPARATION DU SAHARA |
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1-
Introduction |
La
France coloniale avait envisagé la séparation de la plus grande
partie du territoire algérien comme conséquence directe de l'évolution
qu'a connue la Révolution après 1956. Et pour y parvenir, elle
promulgua un certain nombre de mesures législatives et administratives
et traça un programme d'exploitation des richesses économiques
parallèlement à une série de mesures politiques, administratives
et militaires visant à le maintenir hors du contexte de la Révolution
en prévision de ce qu'engendrerait l'avenir de la Révolution Algérienne.
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2-
Du point de vue politique |
Du
point de vue économique
- Mise
en place de l'organisation commune des régions sahariennes
(O.C.R.S)
- Mise en place d'instruments économiques au Sahara
- Création de sociétés sahariennes de développement
- Chambres de commerce
- Mise en place d'un cadre pour la gestion des régions sahariennes
- Mise en place d'un réseau de transports et de communications
Mission
et objectifs de l'Organisation contenues dans la loi du
10/01/1957
" Mettre en valeur le Sahara à travers le développement économique de ses
régions et la promotion sociale de ses habitants……"
Le rôle dévolu à cette organisation apparaît clairement à travers
l'article premier de cette loi. A priori, il est simplement
social et économique, visant la promotion de tous les moyens
nécessaires en vue d'améliorer le niveau de vie des habitants
du Sahara. Cependant l'objectif essentiel pour lequel cette
organisation fut mise en place consiste à fournir le cadre
nécessaire pour les opérations d'exploitation du pétrole
du Sahara.
L'organisation est en effet, le fruit des découvertes de
pétroles alors que la partie relative à l'aspect social de
cette organisation est un simple leurre visant à attirer
les Algériens des régions sahariennes.
Du
point de vue politique
- Mise
en place en juin 1957 d'un ministère chargé des affaires
du Sahara
- Découpage administratif du Sahara en deux départements:
la Saoura - les Oasis conformément au décret du 07 août 1957
et le décret du 7 décembre 1960 portant organisation des
départements de la Saoura et des Oasis.
- Œuvrer à maintenir le Sahara sous son autorité pour l'exploitation
de ses richesses naturelles notamment le pétrole et le gaz
qui sont devenus un facteur dynamique pour l'économie française.
La France a même vu dans cette matière vivante un moyen de
pression pour s'imposer sur la scène internationale , outre
ce que la Sahara présente comme espace pour ses expériences
nucléaires.
- Tentative de mettre en place des leaderships locaux, alliés à la
France
- Internationalisation de la question du Sahara en essayant
de faire avaliser le projet à travers lequel le Sahara est
présenté comme une mer intérieure à laquelle sont associés
tous les pays riverains.
- Œuvrer à mettre en place une entité indépendante au Sahara
sous différentes appellations.
Du
point de vue militaire
- Renforcement
par la France de sa présence militaire plus qu'à aucun
autre moment
- Utilisation du Sahara algérien comme champ pour ses expériences
nucléaires
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3-
Réaction de la Révolution |
1- Politiquement
et médiatiquement:
-
Dénonciation de la politique française au Sahara au niveau des
instances internationales et à travers les conférences de presse
tenues par les membres du Gouvernement
Provisoire de la République Algérienne.
- Conscientisation
du peuple et mise en garde contre les dérives que constituent
les thèses françaises visant à porter atteinte à l'intégrité territoriale
et semer la division au sein de la nation unie.
- Attirer l'attention
des pays riverains sur les erreurs et les dérapages pouvant
survenir suite aux dérives engendrées par la politique française
au Sahara. C'est ainsi que le GPRA a publié un mémorandum
fondé autour de cette question.
- Inciter les Algériens à organiser
des manifestations à travers le pays pour exprimer leur attachement à l'intégrité du
territoire algérien et leur mobilisation derrière le
Front de Libération Nationale, telles que
les manifestations de la journée nationale contre le découpage
en date du 1er juillet 1961, les
manifestations du 27 février 1962 à Ouargla dans
le Sud Algérien au cours desquelles les habitants ont réaffirmé l'unité du
peuple et l'unité du territoire national , aux cris de Vive
l'armée et le Front de libération nationale et que le GPRA
est leur unique représentant légitime.
2- Militairement:
- Extension de
la carte de la Révolution vers le sud dans la mesure où le
Congrès de la Soummam a institué une sixième wilaya chargée
de l'organisation révolutionnaire dans les régions du Sud
.
- Ouverture d'un
front militaire dans le sud algérien connu sous le nom de
Front du Mali, allant des frontières du Mali et du Niger à l'ouest
jusqu'aux frontières de la Libye à l'Est. A cet effet, le
commandement de l'Armée de Libération Nationale avait confié l'organisation
d'opérations militaires contres les intérêts français dans
le Grand Sud à un groupe d'officiers parmi les plus éminents
parmi lesquels Mohamed
Chérif MEssaadia et Abdelaziz
Bouteflika, dit Si Abdelkader.
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4-
Le Sahara dans les négociations |
Le
problème du Sahara a constitué lors des négociations algéro-françaises
un autre aspect des manœuvres françaises gaulliennes visant à séparer
le Sahara de la partie nord. Le dossier du Sahara est passé graduellement
de l'étape du refus de l'intégrer dans les négociations à celle
de la reconnaissance de la légitimité des revendications algériennes.
Au départ, le négociateur français à Lucerne, Georges Pompidou,
avait exprimé la position de la France en disant: " Il n'y
a pas d'intérêt à soulever le problème de la souveraineté sur le
Sahara car soulever ce problème signifie rechercher des difficultés
non seulement avec la France mais également avec les autres pays.
La France procède actuellement au partage de cette région selon
le mode le plus judicieux dans un cadre international….Le Sahara
est une mer intérieur qui a des riverains parmi lesquels l'Algérie
et la France s'oblige à les consulter tous ". Ce à quoi, le
négociateur algérien répondit: "Depuis quand la France s'étend-elle
de Dunkerque à Tamanrasset, sans passer par l'Algérie?"
C'est ainsi qu'en raison de ce dossier, échouèrent les premières
négociations d'Evian entre le 20 mai et le 13 juin 1961 et les
pourparlers de Lugrin du 20-28 juillet 1961.
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5-
Le Sahara dans les négociations |
Dans
le discours qu'il a prononcé le 05.09.1961, De
Gaulle reconnut l'intégrité du territoire algérien
et ce en disant : "..En ce qui concerne le Sahara, notre
ligne de conduite est celle qui préserve nos intérêts et prend
en compte les réalités. Pour ce qui est de nos intérêts, ils
consistent en la liberté d'exploiter le pétrole et le gaz que
nous avons découverts et ceux que nous découvrirons. Pour ce
qui est des réalités, le fait est qu'il n'existe pas un seul
algérien - et je suis convaincu de cela- qui ne considère pas
que le Sahara doive faire partie intégrante de l'Algérie et qu'il
n'y a pas un seul gouvernement algérien, quelles que soient ses
positions vis-à-vis de la France, qui accepterait de se défaire
de la revendication de la souveraineté sur le Sahara et enfin
la réalité est que si un état algérien est créé qui soit associé avec
la France, la majorité des habitants du Sahara pencheront vers
le rattachement même s'ils n'ont pas revendiqué cela publiquement
par le passé! Cela signifie que dans le dialogue algéro français
qui va être mené avec le Front de Libération Nationale ou avec
tout autre instance représentative telle que celle des élus par
exemple, le problème de la souveraineté sur le Sahara ne sera
pas prise en considération du moins du côté français..Mais ce
qui nous importe, c'est que de cet accord découle un partenariat
qui préserve nos intérêts… "
Le discours prononcé par De Gaulle le 5/09/1961 a permis aux cours
des négociations algéro-français d'effectuer un bond qualitatif
et préparé le terrain à une série de rencontres secrètes entre
les deux parties entre la fin octobre 1961 et le 27 janvier 1962,
au cours desquelles furent abordées les questions de coopération économique
et des intérêts stratégiques et militaires français en Algérie.
Ainsi au cours de la rencontre de Bâle en Suisse, le 28 et 29 octobre
1961, la partie algérienne demanda des précisions autour du problème
de la souveraineté algérienne sur le Sahara . Louis Joxe , président
de la délégation française a répondu en disant : " En ce qui
nous concerne, la question de la souveraineté sur le Sahara ne
doit pas être prise en considération dès lors que l'Algérie et
la France deviennent associées à travers des accords de partenariat
et de coopération …."
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