Au
départ, le gouvernement militaire français avait le choix
entre deux attitudes : soit laisser aux Algériens leurs
lois spécifiques appliquées par les chouyoukhs, soit appliquer
en Algérie et aux Algériens la loi française.
A
cet effet, le commandant général a promulgué le 9 septembre
1830 une décision aux termes de laquelle fut créée la cour
spéciale d’Alger composée d’un président, de deux juges et
d’un clerc royal. Mais celle-ci ne fit pas long feu puisqu'une
autre décision fut promulguée le 22 octobre 1830 portant
création d’une cour de justice.
Vint
par la suite une série de décisions le 7 décembre 1830, le
9 juin 1831, le 16 février 1832, le 11 mars 1832, le 9 mars
1833 à tel point que durant la première période de l’occupation
(1830-1834), le nombre de décisions avait atteint 245
Concernant
la justice musulmane, le comandant général avait maintenu
le juge musulman dans la ville, feignant par là de respecter
les dispositions du traité du 5 juillet 1830. Cependant,
il n’en fut guère ainsi car le maintien de cet appareil judiciaire
islamique facilitait au pouvoir français le ralliement des
Algériens.
Le
22 Juillet 1834, l’administration française promulgua un
décret dans lequel il était affirmé que l’Algérie était le
prolongement de la France et qui portait création de trois
tribunaux à Alger, Oran et Annaba en plus du tribunal commercial
dont la cour était composée de sept commerçants. Par ailleurs,
les Algériens étaient associés à l’administration de ces
trois tribunaux qui avaient été créés sans que ne soient
supprimés les tribunaux musulmans spécifiques aux Algériens
et le tribunal spécifique aux juifs.
La
loi du 10 Août 1834 ait adopté ces tribunaux créés par les
autorités françaises, non sans avoir opéré quelques aménagements
ayant entraîné par la suite la création,
le 28 février 1841, du tribunal royal doté de larges prérogatives.
Ensuite
fut promulguée la loi du 26 septembre 1842 à travers laquelle
les Français essayèrent d’instaurer un équilibre entre Algériens
et Européens en vue d’appliquer la politique de «l’assimilation » puisque
de nombreux tribunaux furent ainsi créés.
Cette
loi permettait aux Algériens d’exercer des prérogatives judiciaires à condition
qu’ils aient été désignés par le Gouverneur Général. C’est
ainsi que la « justice » en Algérie entra dans
une phase de coexistence contradictoire entre la justice
musulmane et le droit appliqué pr les tribunaux français.
Aux
termes de la Loi du 19 Août 1854, furent institués les juges
de paix. En
1858, les cours d’assises furent élargies avec le rattachement
de la chambre d’accusation. En
octobre 1870, le système des jurés fut institué dans les
hautes cours d’assises dans les grandes villes. Avec
la loi du 30 Août 1883, tous les tribunaux en Algérie furent
placés sous tutelle du Ministère français de la Justice à Paris.
On
peut ainsi dénombrer les différents types de tribunaux
institués en Algérie :
1- Cour
d’appel : 01
2- Cours
d’assises : 04
3- Tribunaux
de première instance ou tribunaux correctionnels : 17
4- Tribunaux
de commerce : 04
5- Juges
de paix civils et militaires : environ 140 à travers
le territoire
6- Cours
d’arts et métiers : 10
7- Tribunaux
des cours martiales spécifiques aux populations du Sud algérien
8- Bureaux
des affaires arabes
9- En
outre, il existait des auxiliaires de justice : huissiers (26
novembre 1842), notaires (20 août 1848 et 27 juin 1901),
interprètes judiciaires (25 avril 1851), traducteurs assermentés
et greffiers de police et gendarmerie
10- Les
tribunaux répressifs (?)