LA FEDERATION DES ELUS MUSULMANS ALGERIENS

1- Introduction

Après la fin de la première guerre mondiale, avec l'émergence de l'Emir Khaled en tant que politicien brillant et l'annonce par la France d'une campagne de mesures, à savoir les réformes de 1919, un groupe d'Algériens élus dans les assemblées françaises émergea sur la scène politique, cherchant à jouer un rôle essentiel dans la vie politique durant les années vingt.

Ces élus qui constituaient avec certains enfants de notables algériens une élite de culture française oeuvrèrent à se structurer au sein d'un mouvement politique connu sous le nom de Fédération des Elus Musulmans Algériens.

2- Conditions de sa création

Créée en juin 1927 par les députés algériens élus dans les assemblées françaises, la Fédération est considérée comme un prolongement du Mouvement des Jeunes Algériens dont l'histoire remonte au début du vingtième siècle.

Cette fédération est intervenue en réaction à l'organisation constituée par les maires des communes d'Algérie  dans les années vingt. Elle était composée de trois fédérations autonomes, Constantine, Oran et Alger, dans le but de représenter les indigènes au Parlement.

La fédération de Constantine, présidée par le Dr Bendjelloul, était la plus active; son premier congrès auquel participaient cent soixante dix sept délégués venus des différentes régions du pays eut lieu en janvier 1928. EIle fut présidée en premier lieu par Chérif Sisbane auquel succéda le Dr Bendjelloul. Au cours du mandat de ce dernier, la fédération a connu une activité très riche et réalisé des résultats importants aux élections municipales et départementales, grâce à un groupe parmi l'élite intellectuelle tels que Ferhat  Abbas, Docteur Saâdane, Docteur Ibn Touhami, etc.

3- Son programme

Parmi les principales revendications présentées par la Fédération dans son programme politique figure la question de la représentation des indigènes au parlement, l'unification et la coordination des efforts des élus algériens dans les assemblées parlementaires afin de défendre leurs droits. Elle avait adopté la politique d'assimilation et d'égalité dans les droits et devoirs entre Algériens et Français, et  revendiquait l'abrogation des lois d'exception.

Les revendications de la fédération des élus musulmans peuvent être résumées comme suit:

-         Représentation des Algériens dans les différentes assemblées françaises

-         Abrogation des lois d'exception

-         Augmentation du nombre de délégués musulmans dans les assemblées élues.

A travers cela, son objectif n'était pas tant d'œuvrer en direction des masses populaires en vue de les préparer politiquement mais visait plus à intégrer l'élite intellectuelle de culture française dans la société française. Mais elle se trouva rejetée par les deux parties: de la part du peuple algérien parce qu'elle n'exprimait pas ses revendications et de la part des colons opposés à l'idée d'égalité entre Algériens et Français.

L'organe de la fédération était le journal "al taqadoum" (le progrès) dont Ferhat Abbas et Docteur Bendjelloul étaient les principaux rédacteurs.

La Fédération des Elus Musulmans Algériens a poursuivi ses activités sur la même voie qu'elle s'était tracée depuis sa création jusqu'à sa dissolution définitive en 1941

 

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Données extraites du CDROM Histoire d'Algérie edité par le ministère des Moudjahidines