L'EFFORT DE GUERRE FRANCAIS

1- L'effort de guerre français

Le déclenchement de la lutte de libération le 1er novembre 1954 a constitué une surprise pour les autorités coloniales qui gouvernaient l'Algérie ; ce qui a nécessité un certain temps pour gérer la nouvelle situation.

En effet, au début, les autorités coloniales françaises employèrent toutes leurs ressources militaires et civiles basées sur le territoire algérien, à savoir les différents appareils répressifs, sécuritaires et militaires, utilisant tous les moyens de propagande aussi bien les revues, les journaux, la radio que d'autres canaux pour la promotion de sa politique coloniale.

Cependant, l'envergure de la Révolution exigea d'elle la prise d'un certain nombre de mesures en vue d'augmenter numériquement ses capacités militaires. Alors qu'au mois de juin 1954, elles étaient estimées à 54 mille soldats auxquels s'ajoutaient 10 000 policiers, ce nombre a été augmenté, début novembre 1954, à 62000 soldats.

Toutefois, l'organisation rigoureuse qui caractérisait la Révolution a amené l'autorité coloniale à réclamer un surplus de forces militaires dont le nombre a atteint début 1955, 80000 soldats, renforcés par un régiment de parachutistes.

Néanmoins, cette force n'a réussi ni à stopper l'avancée de la Révolution, ni à l'étouffer ; ce qui a conduit à la destitution du gouverneur général Roger Léonard et son remplacement par Jacques Soustelle, à l'ère duquel les forces françaises furent renforcées par une unité de bâtiments de guerre, portant ainsi le nombre des forces militaires à 114000 soldats au mois de juillet 1955. Le nombre de soldats français en Algérie continua à connaître une hausse constante pour atteindre en janvier 1956 le chiffre de 186 000 soldats.

Par ailleurs, les autorités coloniales procédèrent à la proclamation de l'état d'urgence et la prolongation de la durée du service militaire pour les jeunes français lequel a atteint 21 mois au lieu d'une année, pour passer en 1957 à 24 mois.

Avec l'arrivée du Général Charles de Gaulle au pouvoir en 1958, des mesures provisoires furent prises pour maintenir les mobilisés sous les drapeaux pour une durée de 30 mois.
Parallèlement à cela, d'autres méthodes furent adoptées pour soutenir l'effort de guerre, parmi lesquelles le déplacement de bataillons militaires entiers des bases de l'OTAN en Europe vers l'Algérie, la fourniture à l'armée française d'équipements des plus modernes en hélicoptères, avions multifonctions et bâtiments de guerre ainsi que l'affectation d'un budget considérable à l'effort de guerre.

A ces mesures, est venu s'ajouter le déplacement des forces basées en Tunisie et au Maroc vers l'intérieur de l'Algérie ainsi que le renforcement de la présence militaire à travers la création de milices armées sous différentes appellations telles que les milices d'autodéfense, les harkis, la troisième force .

Par ailleurs, l'armée française s'est acharnée à exercer toutes sortes de torture procédant parallèlement aux massacres et à la destruction de villages et mechtas(*) entiers avec leurs habitants, et à l'isolement de la Révolution à l'intérieur par la mise en place de camps de concentration, de camps d'internement et de zones interdites et à l'extérieur, par l'édification des lignes Challe et Morice.

A la fin de l'année 1960, l'armée française en Algérie avait atteint environ un million de soldats sans que pour autant la France ne puisse éteindre l'embrasement de la lutte de libération.

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Données extraites du CDROM Histoire d'Algérie edité par le ministère des Moudjahidines