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L'ARMEE
DE LIBERATION NATIONALE |
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1-
Genèse |
L'origine
de l'ALN remonte à l'Organisation
Spéciale (O.S) laquelle avait œuvré à la
constitution des premières cellules militaires armées au sein des
militants du MTLD. Elle avait ainsi ouvert la voie à la mobilisation,
qu'elle avait néanmoins soumise à certaines conditions. Elle s'était
dotée d'un état major et d'une organisation militaire se présentant
comme suit: le demi-groupe, le groupe, le bataillon ainsi que de
nombreuses sections : la section des explosifs, la section signalisation
et la section chargée des caches.
L'Organisation avait par ailleurs élaboré un programme d'entraînement
militaire comprenant 12 leçons dont 50 copies furent imprimées et
distribuées exclusivement aux chefs. Les entraînements étaient principalement
axés sur les aspects théorique et pratique, notamment l'usage des
explosifs et des armes, la tactique de la guérilla et l'art de l'embuscade
et des incursions.
Malgré les poursuites et des pressions exercées sur ses membres ainsi
que les procès qui leur furent intentés, l'Organisation avait réussi à jeter
les bases, esquisser et clarifier les conceptions pour la mise en
place d'une institution militaire qui constituera le cadre militaire
pour la lutte de libération. C'est ainsi que naquit l'Armée de Libération
Nationale sur laquelle s'appuiera le
Front de Libération Nationale pour libérer le pays
de la domination coloniale et restaurer l'Etat algérien.
L'un des problèmes
les plus importants auxquels fut confrontée l'ALN fut celui
des voies et moyens de se procurer les armes, d'autant plus
que les autorités coloniales avaient commencé à concentrer
leurs forces et mettre en oeuvre un important dispositif de
guerre pour réprimer les régions entrées en révolte.
Mais l'ALN réussit à régler le problème d'armement en récupérant
les armes au cours des batailles ou en se les procurant de l'extérieur
par voie terrestre ou maritime
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2-
La stratégie militaire de l'ALN |
Dans
sa confrontation avec l'armée française, l'ALN avait adopté la
stratégie de la guérilla basée sur l'effet de surprise et la
connaissance du terrain
Cette stratégie a réussi à lui assurer de nombreux succès militaires,
du fait que l'exécution de telles opérations ne nécessitait pas
la mobilisation de grands moyens mais faisait appel à des groupes
réduits dotés d'un armement léger. D'autre part, avec l'effet de
surprise, le résultat était quasiment assuré puisque, dans la plupart
des cas, les embuscades tendues par l'ALN atteignaient les objectifs
visés.
Les attaques constituaient
l'une des méthodes privilégiées par l'ALN, l'objectif étant
d'affecter le moral des soldats français et démontrer l'existence
effective de la Révolution et l'adhésion populaire qui l'accompagnait.
L'ALN a adopté la
méthode de la guérilla tout au long de la guerre de libération
sans entrer dans un affrontement militaire classique avec
l'armée française, sauf en cas de nécessité, et ceci trouve
sa justification dans le déséquilibre du rapport de forces
entre les deux armées en présence.
La méthode de la guérilla a eu entre autres conséquences, la
mise à rude épreuve de l'ennemi, la dispersion de ses forces
et la destruction de ses installations économiques et vitales.
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3-
Les différentes phases d'évolution de l'ALN |
-Première
phase : 1954-1956
Au cours de cette
phase, l'ALN ne représentait encore qu'un groupe réduit sous-équipé.
La veille du 1er novembre, le nombre des moudjahidine s'élevait à 1200,
armés d'environ 400 pièces entre fusils de chasse et pistolets
hérités pour la plupart de la deuxième guerre mondiale. Cette
armée était répartie sur les cinq régions arrêtées au cours
de la réunion du 23 octobre 1954.
Au cours de cette phase, l'ALN était composée des premiers contingents
de moussabiline (volontaires civils), des fedayin (combattants
armés), ainsi que des personnes faisant l'objet de poursuites
par les autorités coloniales.
Des conditions et critères avaient été arrêtés pour l'adhésion
et l'enrôlement dans les rangs de l'ALN. La première formation
arrêtée pour les unités de l'ALN était la suivante :
| Formation |
Nombre
d'éléments |
Commandement |
| La
faction (zoumra) |
05
moudjahidin |
Commandée
par un soldat de 1ère classe |
| La
Section (fawj) |
11-13
Moudjahid |
Commandée
par un caporal et deux adjoints avec grade de soldat
de 1ère classe |
| La
Compagnie (fassila) |
35-45
moudjahidin.
03
sections |
Commandée
par 06 soldats avec grade de soldat de 1ère classe et
03 autres avec grade de caporal. A la tête de la compagnie,
il est désigné un caporal-chef, assisté d'un secrétaire. |
| Le
Bataillon (katiba) |
105-110
moudjahidin |
Commandé par
un adjudant et deux adjoints dont l'un est militaire
et l'autre politique |
| La
Division (qism) |
constituée
de plusieurs bataillons |
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| La
Zone (mintaqa) |
constituée
de plusieurs divisions |
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L'organisation
militaire de l'armée obéissait au système des sections (fawdj
; pl. afwadj) ; Cette forme d'organisation était dictée par
la nécessité de la présence et la répartition de l'ALN à travers
tout le territoire national.
Les premiers dirigeants avaient réussi à mettre en place les
bases organisationnelles et structurelles de l'Armée de Libération
et à tracer un programme pour l'action militaire, visant à assurer
la continuité de la Révolution ainsi que la globalisation et
la généralisation de l'action militaire, la coordination entre
l'action politique et militaire ainsi que la dotation de l'armée
en armement.
Outre le fait que la Révolution a d'abord compté sur elle-même,
elle intensifia la fabrication des bombes artisanales et la collecte
de toutes les munitions et armes possibles auprès des citoyens
ainsi que la récupération des armes de l'ennemi au cours des
batailles.
La Révolution a ainsi réussi à réaliser de nombreuses victoires
militaires et atténuer les retombées de l'offensive militaire
française intensive, basée sur les opérations de ratissage, l'utilisation
de toutes sortes de matériels de guerre et d'armes prohibées. Les
attaques du 20 août 1955, dirigées par le martyr
Zighoud Youcef, donnèrent une preuve éclatante de la détermination
de l'Armée de Libération et du soutien du peuple à ses actions.
- Deuxième Phase
: 1956-1962
L'ALN fut amenée à revoir
sa stratégie en accord avec le développement de la Révolution
pour faire face à l'effort
de guerre français croissant. Il s'est
avéré nécessaire de mettre en place un cadre qui conférerait à l'armée
de libération un nouveau caractère organisationnel et structurel
lui permettant d'accroître numériquement ses forces et de
les doter en moyens et armement les plus modernes.
Le bond qualitatif
enregistré par l'ALN a eu lieu après la promulgation des décisions
du Congrès de la Soummam en
1956 lesquelles ont défini une structuration très précise
de l'ALN, tant du point de vue de l'organisation que de l'unification
des commandements, des grades, de l'armement, du ravitaillement,
des allocations familiales pour les moudjahidine, des dotations
aux familles des martyrs, en plus de la création de nombreux
services auxiliaires tels que les services de santé, de topographie,
des munitions, du courrier, de renseignements , d'information,
de presse, ainsi que les services juridique et social.
Le plus intéressant dans les décisions du Congrès de la Soummam,
c'est que l'ALN est ainsi devenue une organisation moderne, complémentaire
dans les wilayate, répartie entre elles. Il a été également mis
en place des commandements unifiés , obéissant à une hiérarchie
précise et rattachée à des services complémentaires accomplissant
au mieux leurs missions pour affronter l'ennemi.
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4-
Structure de l'ALN |
Après
la répartition des missions entres les membres du Comité de Coordination
et d'Exécution , la Direction de la guerre et la Division de
l'armement et de l'approvisionnement furent mises en place. Cette
mesure est considérée comme le premier pas effectué en 1956 par
le commandement dans la structuration de l'ALN.
Le déploiement de l'activité des unités de l'ALN, la diversification
et la multiplication des opérations ainsi que la nécessité d'un
commandement unifié qui supervisera l'organisation de toutes les
unités de combat et la gestion des problèmes et des conflits éventuels,
furent entres autres, les raisons qui ont présidé à la création
du Comité des opérations militaires, composées de représentants
de toutes les wilayas et des deux bases Est et Ouest. Elle était
présidée par un officier supérieur chargé de coordonner ses travaux.
En 1960, l'Etat-major général, chargé de la coordination et de
la gestion des opérations militaires de l'ALN à l'intérieur et à l'extérieur
a vu le jour. L'Etat-major a été placé sous tutelle d'une commission
ministérielle.
Grâce à cette organisation, la Révolution algérienne a mis en place
les premiers jalons d'une armée institutionnelle qui a contraint
les généraux de l'armée française à reconnaître ses capacités de
combat et le courage de ses soldats.
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