Le
Gouverneur Général:
Ce poste fut créé après
la promulgation de la décision d'intégration de l'Algérie
le 22 juillet 1834. Le gouverneur général est choisi parmi
les officiers supérieurs ayant exercé en Algérie, combattu
les autochtones durant de longues années et acquis ainsi
une large expérience des us et coutumes et de la langue des
autochtones. Il dispose des pleins pouvoirs concernant toutes
les affaires politiques, économiques et militaires algériennes.
Durant le règne de Napoléon
III, le poste de Gouverneur général fut supprimé en
1858 et remplacé par celui de ministre d'Algérie. Toutefois,
le pouvoir impérial français est revenu sur cette décision deux
années plus tard en restaurant le poste de Gouverneur Général.
La colonie continua à être administrée par un gouverneur général
jusqu'à l'avènement de la 3ème République en 1870.
Pour l'administration des affaires de l'Algérie, le Gouverneur
général était secondé par deux conseils qui sont le conseil consultatif
et le conseil supérieur du gouvernement . La fonction du premier
consistait en l'étude des problèmes sociaux, économiques et administratifs.
Le second avait pour fonctions l'étude de la question des impôts
et la préparation du budget.
L'administration
locale :
Celle-ci avait
adopté au premier degré le système des bureaux arabes. Ce
système fut adopté par l'administration coloniale en vue
de surmonter les difficultés rencontrées par le pouvoir militaire
français.
Cette organisation est passée par plusieurs étapes. Ainsi durant
la première phase, en 1833, est apparu ce qui fut appelé le cabinet
arabe (diwan) qui regroupait des interprètes et spécialistes
des affaires arabes. La fonction de ce cabinet consistait à collecter
les informations sur les Algériens.
En 1837, cette instance se transforma en Administration des affaires
arabes, chargée de faciliter les contacts et les négociations
avec les chefs de tribus.
Cependant, l'évolution la plus importante connue par cette organisation
eut lieu sous le général Bugeaud en 1844 lorsque fut institué officiellement
le système des bureaux arabes. Aux termes de cette organisation,
des administrations locales furent créées au niveau des trois
départements.
Chaque bureau arabe comprenait un certain nombre d'officiers,
placés sous l'autorité d'un officier français ayant grade de
colonel, un interprète, un gardien, un secrétaire et un cadi,
un percepteur d'impôts et un médecin.
Aux termes du décret ministériel , la mission du bureau arabe
consistait à contrôler l'administration locale dans les zones
rurales administrées par les caïds, à nommer ou destituer ceux-là ,collecter
les impôts , sanctionner les contrevenants et rassembler les
informations à caractère politique, social et économique susceptible
de servir l'administration coloniale.
- Le système des circonscriptions (départements)
L'administration
civile française a connu une évolution avec la promulgation
du décret royal du 15 avril 1845 aux termes duquel fut instauré le
pouvoir civil dans les zones où se trouvaient les communautés
européennes. De même, qu'il fut décidé la création de trois
circonscriptions en Algérie: Alger, Oran et Constantine.
Le 9 décembre, les circonscriptions furent supprimées et remplacées
par les départements avec création du poste de préfet à la tête
de chaque département, sous tutelle du ministre de la guerre,
hormis ce qui concerne les affaires de colonisation.
Dans chaque département,
existait un conseil composé du préfet et de trois membres.
Outre ce conseil, il existait un conseil élu, le Conseil
Général, sorte de mini-parlement des colons composé de 15
membres dont les missions consistaient à étudier le budget
et les chapitres des dépenses.
En 1858, le nombre de membres du Conseil Régional d'Alger avait
atteint 18 membres pour passer à 25 membres en 1860. Dans ce
chiffre sont inclus deux musulmans et un israélite, choisis par
l'Empereur parmi les notables pour une période de trois ans.
- Les municipalités
:
Les débuts de la
présence française se sont caractérisés par l'apparition
dans les grandes villes, de ce qu'il était convenu d'appeler
les comités municipaux mais dès 1834, les municipalités furent
mises en place dans les grandes villes. En 1856, leur nombre
s'élevait à 47 pour passer ensuite à 71 en 1863.
En 1866, il fut décidé que la désignation du maire et de ses
adjoints reviendrait à l'empereur tandis que le préfet procèderait à la
nomination du reste des membres du conseil municipal pour une
période de cinq années.
Les Français élisaient leurs représentants dans les conseils
municipaux alors que les autorités coloniales avaient désigné certains
Algériens dans ces conseils en qualité de conseillers municipaux.
La mission de ces conseils consistait à étudier le budget, veiller
sur les infrastructures publiques, animer les marchés, entretenir
les routes et s'occuper de l'enseignement.
En 1868, sont apparues les communes mixtes dans les zones sous
contrôle militaire dotées de commissions composées d'officiers
et de conseillers européens, musulmans et juifs.
- Le système des bureaux municipaux :
Ce sont des entités
chargées de l'administration des tribus dans la mesure où les
responsables français effectuaient des visites hebdomadaires
auprès des tribus au cours desquelles ils rendaient la justice,
prélevaient les impôts, imposaient les sanctions et les amendes
et dans le même temps, procédaient à la collecte de renseignements.
Le personnage du caïd ou ce qu'il était convenu d'appeler l'assistant
municipal a joué un rôle important dans ce système. A la tête
de chaque douar, il y avait un caïd. Lorsque le régime civil
fut généralisé, les Algériens furent administrativement placés
sous l'autorité des municipalités par l'intermédiaire du caïd,
des chefs de tribus et de leurs agents.